EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Etre belle et se taire ne suffit plus – Edito 19/06/2018

Hier après-midi dans un hôtel de la côte ouest se déroulait le grand oral des 10 candidates de l’élection de Miss Tahiti 2018. J’y ai fait mes premiers pas en tant que membre du jury. Avec les autres jurés nous étions derrière une table en U et les demoiselles devaient s’asseoir devant nous au centre sur un fauteuil Pomare du plus bel effet. Et bien je peux vous dire que parfois c’est très bien de changer de perspective. Profitant d’une pause entre deux candidates, je suis allé m’asseoir à leur place, non promis il ne s’agissait pas d’une tentative désespérée de combler une frustration, dans cette vie où une autre, être la candidate n°11 ne m’aurait pas tenté. En fait, je vous garantit que d’un seul coup, assis à leur place,  on prend toute la mesure de ce à quoi elles sont en fait confrontées.

Bien entendu qu’il n’était pas question de les piéger, tous disposés devant elles nous étions bienveillants et avions simplement envie de mieux les connaître et les aider à faire ressortir le meilleur d’elles-mêmes. Mais cela reste très impressionnant de leur point de vue. Lorsque vous avez plus d’une douzaine de regards braqués sur vous, et que malgré les sourires et la bonne humeur vous vous sentez scrutée dans le détail, il y a de quoi perdre ses moyens. Aussi qu’est ce qui peut pousser des jeunes femmes de parfois 18/19 ans à peine à se mettre ainsi en danger ? La réponse je l’ai eu au fil des entretiens, le challenge. Le dépassement de soi, l’envie d’apprendre, de changer, de s’affirmer en tant que femme.

Définitivement cette élection n’est plus simplement un concours de beauté comme c’est encore ancré dans l’inconscient collectif. Le paraître doit absolument rimer avec le fait d’être, la seule condition pour devenir. C’est presque un rite initiatique où la diversité des profils reflète la richesse de notre jeunesse. Il n’y en aucune qui était parfaite, et tant mieux, parce qu’au final ce sont justement ces aspérités qui ont créé le débat entre nous. Évidemment que lorsque des qualités manifestes s’illustrent brillamment, elles ont tendance à fédérer rapidement le plus grand nombre.  Mais c’est bien quand elles sont dans leurs retranchements, dans l’aveu de leurs complexes et de certaines de leurs faiblesses qu’elles émeuvent, et qu’elles existent, en mieux, en vrai. Certaines baissent parfois la garde sans s’en rendre compte et le trop plein de naturel qui remonte à la surface est plus informatif que n’importe quel discours préparé.

J’ai fait ma petite enquête et je me suis rendu compte que le Comité incitait justement toutes les candidates à sortir des clichés, à assumer leurs choix, leurs goûts, leurs opinions. Si le glamour reste encore de mise chez nous, et on s’en rendra compte vendredi pour le grand soir, on ne les entretient pas dans l’image du sois belle et tais-toi, l’époque est révolue. La Polynésie et ses femmes valent en effet bien plus que ça. Tant mieux.

Article précedent

Des boîtes de conserve qui rapportent gros au centre Papa Nui

Article suivant

Football–Coupe des champions Moorea : Tiare Tahiti champion des champions

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Etre belle et se taire ne suffit plus – Edito 19/06/2018