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Euro-2016: une finale Ronaldo – France ou Ronaldo – Allemagne?

Marseille (AFP) – Qui va affronter le Portugal de Ronaldo en finale de l’Euro dimanche? L’Allemagne championne du monde ou la France, pays organisateur, qui rêve d’un exploit? Les deux pays s’impatientent à quelques heures de leur demi-finale en forme de classique, jeudi soir à Marseille (21h00).

La presse allemande est confiante et rivalise de jeux de mots pour prédire la défaite des Français. « La vie en raus » (raus veut dire « dehors » en allemand) et « Rien ne va bleu ! », titre Le quotidien populaire Bild, en français dans le texte. 

Le Berliner Zeitung et le sérieux quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) optent pour la métaphore culinaire. « Aujourd’hui nous allons faire des trous dans votre fromage », assure le premier en publiant le photomontage d’un camembert transpercé par des ballons. Le second, lui, affiche en Une une photo de cuisses de grenouilles.

Dans la presse française, la tonalité est plus solennelle. « Jour de gloire » pour le quotidien sportif L’Equipe, « Le grand soir » pour Aujourd’hui en France/Le Parisien, « Les Bleus vont-ils conjurer la malédiction allemande? » pour Le Figaro ou « Les Bleus à prendre au sérieux » pour Libération.

Une différence de ton révélatrice du complexe d’infériorité français face au rival allemand: la France a successivement été éliminée par l’Allemagne aux Mondiaux 82, 86 (demi-finales) puis 2014 (quarts).

Il y a deux ans, ce match avait matérialisé le gouffre entre les deux équipes.

« La France est un peu plus forte » aujourd’hui, assure le sélectionneur allemand Joachim Löw. En rappelant dans la foulée que la Mannschaft « sera l’adversaire le plus difficile pour elle jusqu’ici » dans cet Euro-2016 (Roumanie, Albanie, Suisse au premier tour, Eire en huitièmes puis Islande en quarts).

– ‘Schweini’ titulaire –

Pour entrer dans la cour des grands et ramener la France dans une finale, dix ans après la Coupe du monde 2006, les Bleus n’ont donc d’autre choix que de vaincre ce meilleur ennemi jusque-là intouchable.

« On a une nouvelle page à écrire, insiste le sélectionneur Didier Deschamps. Elle est blanche, les joueurs peuvent la remplir. »

La tâche sera toutefois immense pour une équipe amputée de cinq titulaires de 2014 (Varane, Sakho, Debuchy, Valbuena, Benzema). L’Allemagne, lancée dans la quête d’un doublé Coupe du monde-Euro, n’a pas été étincelante mais a affiché une solidité et une cohésion impressionnantes.

Elle sera privée d’éléments majeurs (Hummels suspendu, Gomez et Khedira forfaits) après sa qualification contre l’Italie au terme d’une séance de tirs au but irrespirable (1-1, 6 t.a.b à 5). Mais ce groupe a suffisamment de ressources pour briser les espoirs du pays-hôte, à l’image du buteur Thomas Müller, muet pour l’instant mais capable de se réveiller à tout moment.

Et l’emblématique Bastian Schweinsteiger, un temps incertain à cause d’un genou, sera non seulement disponible mais aussi titulaire, pour la première fois dans cet Euro. « Nous sommes prêts », a-t-il tweeté jeudi matin.

– Ronaldo: ‘Pleurer de joie’ –

« Je ne pense pas qu’on soit favori parce qu’on ne joue pas que contre l’équipe de France mais contre tout un pays », a affirmé Löw.

La France, qui espère rééditer à domicile ses sacres de 1984 (Euro) et de 1998 (Mondial), mise sur Antoine Griezmann, meilleur buteur de l’Euro avec quatre buts, et sur son association avec l’attaquant Olivier Giroud. Aux côtés de Dimitri Payet (3 buts) et de la pépite Paul Pogba, enfin à son avantage en quarts de finale contre l’Islande (5-2), ils seront les armes maîtresses des Bleus.

Le vainqueur retrouvera en finale le Portugal de Cristiano Ronaldo, dimanche au Stade de France.

Douze ans plus tard, le pays et son idole tiennent enfin leur revanche: ils vont disputer leur deuxième finale d’un Euro après avoir battu le pays de Galles mercredi (2-0).

La première, en 2004, s’était terminée sur un drame national. La Grèce avait stupéfié l’Europe et plongé le Portugal dans le désespoir en le battant chez lui, à Lisbonne (1-0), en conclusion de l’Euro qu’il organisait.

Ronaldo, âgé de 19 ans, avait fini en larmes. Aujourd’hui, il en a 31 et a changé de dimension, avec trois Ballons d’Or et autant de Ligue des champions à son actif. « J’espère que dimanche, vous me verrez pleurer de joie », a-t-il glissé mercredi.

Cristiano Ronaldo décisif avec le Portugal face au Pays de Galles, le 6 juillet 2016 à Lyon. © AFP

© AFP PAUL ELLIS
Cristiano Ronaldo décisif avec le Portugal face au Pays de Galles, le 6 juillet 2016 à Lyon

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