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Face à la demande du Pays, Air Archipels oppose la sécurité

Heifara Garbet et Manate Vivish ©Valentine Bluet

Si les vols vers Ua Huka ont repris depuis mardi matin, ceux vers Ua Pou resteront suspendus jusqu’à « la confirmation par la Direction de l’aviation civile de la mise en œuvre des solutions appropriées, qui permettraient la reprise des vols en toute sécurité ».

Mardi matin, le président-directeur général d’Air Archipels, Manate Vivish, et le directeur général de la compagnie, Heifara Garbet, ont réagi au communiqué de la présidence. La veille, le gouvernement avait laissé paraître son exaspération après l’arrêt le 17 mai dernier de la desserte de Ua Pou et Ua Huka effectuée par Air Archipels, filiale d’Air Tahiti. Pour la compagnie inter-îles, il en va de la sécurité des passagers. En effet, fin avril 2019, deux rapports d’audit de l’aviation civile d’État datant de janvier et destinés au Pays, ont été transmis à Air Archipels. Les rapports faisaient état « d’écarts majeurs qui auraient entrainé de facto la fermeture immédiate des terrains à toute exploitation par tout type d’avion ». Pas question donc d’ignorer les problèmes rapportés, comme l’indique Manate Vivish.

Selon le Pays, des mesures ont déjà été prises pour lever tout obstacle de sécurité et donc reprendre les vols. Des  De son côté Air Archipels explique qu’à Ua Huka que le  problème de relief autour de la piste a en effet été résolu par le gestionnaire de l’aérodrome. Les Twin Otter d’Air Archipels arrivent depuis ce mardi matin par l’autre côté de la piste. À Ua Pou en revanche, un souci persiste, celui de la solidité d’une buse qui passe sous la piste d’atterrissage. Et à ce sujet, Manate  Vivish est clair, pas de reprise des vols sans la certitude que le problème est résolu par la Direction de l’aviation civile.

Air Archipels affirme qu’elle « continuera à se rapprocher de la DAC pour connaitre la meilleure évolution de la situation de manière à être en mesure de reprendre l’activité au plus tôt quand les conditions de sécurité seront réunies ».

Le directeur de la DAC justement, Georges Puchon, rappelle que les aérodromes n’ont pas été fermés puisque le Service d’État de l’aviation civile n’a pas émis d’avis de risques majeurs. Quant au problème de buse à Ua Pou, Georges Puchon explique « qu’un test de solidité a été réalisé en faisant passer un camion de 13 tonnes et il n’y a pas eu de constations de défection ou d’effondrement de la piste, sachant que la charge maximale d’un Twin Otter est de 5,7 tonnes donc nous pouvons penser que la buse est fonctionnelle ». Face aux réticences d’Air Archipels, une autre étude afin de trouver des solutions d’urgences a été commandée.

En fin d’après-midi, le directeur de la DAC a affirmé transmettre par courrier une autre solution : mettre en place un seuil décalé pour le décollage.

Reste maintenant à savoir si la compagnie aérienne acceptera cette solution d’urgence…

 

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