ACTUS LOCALESSANTÉ

Face au risque d’explosion des cas de VIH, les autorités sanitaires se mobilisent

Sept, c’est le nombre de nouveaux cas de VIH dépistés au premier trimestre 2026. Un chiffre qui alerte les autorités sanitaires, alors que les nouvelles contaminations ont plus que doublé ces dernières années. Les raisons de ce relâchement ? Une baisse de vigilance de la part de la population, qui est pourtant concernée « de 14 à 78 ans », mais aussi un manque d’informations et une diminution de l’utilisation des préservatifs. La multiplication de rapports sexuels plus « anonymes », suite à des rencontres en ligne, complique également la recherche des cas contact. C’est pourquoi la Direction de la santé, qui redoute une propagation du virus lors des Jeux du Pacifique l’an prochain, lance dès maintenant une campagne de prévention contre le VIH et autres IST. Parmi ses actions, la mise en place de distributeurs de préservatifs gratuits ou encore la diffusion d’un nouveau titre à destination des jeunes : Protège-toi de DJ Nash et Tei.

Le constat est alarmant. Jusqu’en 2023, on comptait en moyenne douze nouvelles infections au VIH chaque année. Depuis 2024, le chiffre a plus que doublé, avec 26 nouveaux cas dépistés par an, dont déjà sept au premier trimestre 2026. Des contaminations locales qui prouvent que le virus circule activement sur le territoire et qui ont conduit les autorités sanitaires à lancer une nouvelle campagne de prévention et de communication sur le sujet.

Parmi les actions prévues, des distributeurs de préservatifs gratuits vont être mis à disposition de la population de Tahiti et des îles, dans des lieux stratégiques et accessibles de manière discrète et « non discriminante, quel que soit l’âge ou la situation sociale », précise Francis Spaak, directeur de la santé. Car la réalité du Sida touche bien toutes les catégories de la population polynésienne, du moins tous ceux qui ont une vie sexuelle active, depuis les adolescents (la plus jeune personne dépistée au fenua a 14 ans) jusqu’aux matahiapo, puisque des patients de 78 ans sont actuellement suivis par le Centre des maladies infectieuses et tropicales (CMIT).

Une campagne de prévention pour « éviter la catastrophe » lors des Jeux du Pacifique

À l’approche des Jeux du Pacifique 2027, où les athlètes ne se rapprochent pas que sur les terrains, les autorités sanitaires s’inquiètent de la recrudescence des cas de VIH qui pourraient être transmis au contact de nos voisins du Pacifique, alors que les Fidji, notamment, connaissent actuellement une épidémie sans précédent.

« Ce qui nous préoccupe surtout, c’est l’augmentation et l’avenir, avec les Jeux du Pacifique qui vont être un moment crucial. Il faut donc qu’on se prépare à ce moment-là et il faut qu’on réagisse de façon préventive à cette préoccupation-là », explique Francis Spaak, qui évoque la préparation d’une campagne de communication axée notamment sur la santé sexuelle pendant les Jeux.

Afin d’ « éviter la catastrophe dans quelques mois », le Pays se mobilise aujourd’hui de façon préventive et sollicite les professionnels de santé pour informer et sensibiliser les patients aux infections sexuellement transmissibles, VIH en tête mais aussi syphilis, chlamydiose et gonorrhée, toutes en hausse.

La généralisation des sites de rencontres et la difficulté de remonter le fil des cas contacts

Mais en matière de dépistage et de recherche des cas contacts, la tâche est aujourd’hui plus ardue. En cause : la multiplication des rapports sexuels suite à des rencontres anonymisées, via des applications ou des réseaux sociaux, comme nous l’explique Soria Anouilh, infirmière au CMIT : « Quand on détecte quelqu’un qui est positif, on lui demande de prévenir ou de recenser ses partenaires. Et dans toutes nos dernières nouvelles infections, c’est avec des noms d’avatar ou sur des sites de rencontres. Pour nous, c’est très compliqué, on ne peut pas aller sur une appli de rencontres avec un nom et dire aux gens de se faire dépister. La transmission est beaucoup plus dure à endiguer. La recrudescence est sûrement également due à cela. Si on ne bloque pas la transmission, si on n’informe pas, c’est plus dur. »

Parmi les autres facteurs déterminants pour expliquer la recrudescence des cas de VIH : une baisse de la vigilance de la population, et donc une diminution de l’usage du préservatif, mais aussi un manque de connaissances quant aux modalités de transmission, par exemple via les rapports sexuels oraux ou encore par transmission sanguine.

Un lien entre VIH et consommation d’ice par intraveineuse ? « Pas encore au fenua »

En novembre dernier, l’association Agir contre le Sida, qui n’était pas présente lors de la conférence de presse présentant la campagne de prévention anti-VIH ce vendredi, alertait notamment sur les risques de consommation d’ice par intraveineuse, citant également le phénomène du bluetoothing, une pratique consistant à se transfuser le sang d’une personne sous métamphétamine pour « partager » les effets de la drogue. Ce mode de consommation, qui serait en partie responsable de la recrudescence des cas de VIH aux Fidji, n’aurait semble-t-il pas encore atteint la Polynésie, où « l’essentiel de la contamination est sexuelle ». « Mais si ça arrive à Fidji, ça peut très bien arriver chez nous », tempère le docteur Lam Nguyen, médecin responsable du CMIT, qui craint qu’une transmission par voie sanguine, en plus de la voie sexuelle, puisse créer « un autre problème, beaucoup plus important » au fenua.

Ice et VIH, un combat similaire, avec les mêmes armes ? Pour faire passer ses messages de prévention anti-ice, la Direction de la santé s’était précédemment associée à un jeune artiste engagé, DJ Nash, qui avait composé une chanson intitulée No Ice. C’est maintenant le titre Protège-toi, diffusé en exclusivité sur Tiare FM depuis début avril, que le jeune DJ a produit pour soutenir la campagne de prévention anti-VIH, en collaboration avec le chanteur Tei :

Article précedent

Tarena Maohi19/04/2026

Article suivant

Régal nostalgique et kiff intergénérationnel au concert de Louis Bertignac

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

Face au risque d’explosion des cas de VIH, les autorités sanitaires se mobilisent