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Fashion Week au niveau des autorités : c’est pas un défilé de cerveaux … – Edito 13/06/2019

J’ai pu assister hier soir aux 10 premiers défilés de nos créateurs locaux participant à la Tahiti Fashion Week créée et managée par mon talentueux ami de longue date le styliste Alberto V. En soi c’est un tour de force, quand on connait la petitesse de notre territoire, de pouvoir fédérer depuis 6 ans autant de compétences locales qui ont enfin l’occasion de faire découvrir au reste du monde l’étendue de leur savoir-faire. Qu’ils soient confirmés ou novices il est remarquable de constater que l’imagination a dans notre Fenua aussi un terreau absolument fertile. Des carrières et des vocations naissent grâce à cet événement.

Pendant 3 jours des personnalités internationales et des représentants d’agence de presse ou de médias de plusieurs pays vont assurer une couverture médiatique qui peut par bonheur s’éloigner de la simple carte postale plage et cocotiers ou du « mythe du bon sauvage », pour illustrer à quel point le talent des polynésiens existe là où on ne l’y attendait sans doute pas.

Aussi à moins de vivre dans une grotte coupée du monde, tout responsable d’un quelconque service public tant au niveau municipal que gouvernemental a au moins partiellement conscience des enjeux que représente cet événement en termes d’image et au-delà.

Sur la communication de cette Tahiti Fashion Week j’ai bien remarqué certains logos officiels ce qui prouve donc que les autorités du pays, ou en tout cas certaines, ne s’y trompent pas. Cependant, et « comme d’habitude » j’ai envie de dire, à l’échelle pourtant d’un micro pays comme le notre cela manque d’une coordination rationnelle entre les uns et les autres.

Poubelles dégoulinantes et nauséabondes non ramassées juste à côté de l’entrée des jardins de l’Assemblée, pas un agent de police municipale pour faire bonne figure et sécuriser une rue qui va connaître un flux de piétons bien plus dense que d’habitude et qui fatalement vont marcher sur la chaussée puisque un trottoir sur deux est impraticable. Et le pompon, je vous le donne en mille, au moment où le show démarre, à 19h d’énormes engins de chantiers arrivent en cortège rue Dumont d’Urville avec gyrophares oranges puissants allumés et se postent précisément en face du podium de défilé et entament par intermittence des travaux de gros œuvre. Un case couvrait parfois la musique tant il créait du ramdam en creusant.

Même si heureusement au bon d’un moment un éclair de génie a dû frapper les responsables qui ont mis en pause les travaux, le mal était fait. J’ai eu sincèrement honte du peu de considération pour nos stylistes locaux, merci pour la boule au ventre en imaginant la perception de cet énième illustration du folklorique « grotesque polynésien » aux yeux des étrangers. C’est qu’une impression ou ce pays ça peut se résumer en « un pas en avant, deux pas en arrière » ?

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