EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Fermeture du SAV des éditos d’Alexandre Taliercio – Edito 04/11/2015

J’ai tous les jours un peu plus l’impression que sous couvert du grand principe républicain de liberté d’expression, celui-ci s’est galvaudé et a été détourné au profit de la liberté … de dire tout et n’importe quoi.

Les  gens se lâchent sur Internet. Mais si je suis bien payé pour écrire et dire, en fait je n’ai franchement plus envie d’assurer le SAV de mes éditos sur les réseaux sociaux. Non pas que cela me prenne nécessairement beaucoup de temps de prouver davantage que je suis à la hauteur de mes opinions, mais juste parce que d’une manière que vous estimerez peut-être orgueilleuse, je n’ai pas à me justifier, je n’ai pas à me mettre au niveau de tout le monde et de n’importe qui. Mais pas que moi, TOUT LE MONDE a ce droit, VOUS l’avez. Personne ne décide à votre place de vous engager de force dans une conversation, dans un débat d’idées que vous n’avez pas envie de mener. On est tous censés pouvoir choisir à qui l’on veut s’adresser ou pas.

Il n’est pas question de tenter de me prouver que j’ai tort quand j’émets une opinion, ni même de s’imaginer une seule seconde que je vais me désavouer seul en revenant sur des propos dont j’ai laissé la primeur à mon premier public, et le plus nombreux, celui qui m’entend à la radio. C’est inutile. Que ça en agace certains, je vais vous dire, je suis complètement rassuré, voire même je jubile, car c’est exactement ce que c’est censé faire.

Je remarque une chose, finalement, ces réseaux sociaux ont une incroyable vertu, ils sont un parfait mesureur du niveau de débilité ambiant dans une communauté, rarement d’intelligence malheureusement. Ils permettent d’identifier très efficacement les personnes qui manifestement ont une vie tellement pathétique où en vérité ils ne sont rien ni personne, que pour exister ils débitent connerie sur connerie en public et représentent finalement de véritables insultes à l’intelligence collective. Je suis à l’opposé du gars qui serait satisfait d’un bon gros régime totalitaire sévère encadrant la capacité des citoyens à l’ouvrir. Cependant, quelle détresse de voir que la liberté d’expression apparaît pour certains comme un prétexte à la liberté d’être un abruti en dehors de sa sphère privée. Le plus lamentable étant de ne pas s’en rendre compte et de s’en satisfaire.

Extrait de « Quand on est con » de Georges Brassens.

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1 Commentaire

  1. Tiare
    5 novembre 2015 à 8h10 — Répondre

    Ah Alex,

    Je ne sais pas de qui de ces internautes tu parles, mais je te comprends.

    Il y a un autre journal dont je ne regarde même plus les commentaires tellement ils sont gratuitement des incitations toxiques à la haine et à la critique anarchique et bêtement méchante de gens qui ont oublié l’usage de leur cerveau.

    Je m’étais faite avoir deux fois à essayer de répondre en prônant plus de respect et d’honnêteté et en quoi cette agressivité était injustifiée et néfaste, mais à chaque fois c’était prétexte à rebondir sur mes mots pour dire encore plus de mépris et de méchancetés diffamatoires, sur tout et n’importe qui.

    Et le souci de cet autre journal papier et internet, c’est qu’il ne fait pas attention et laisse publier ces mots sans censures.
    Au moins, à Radio 1, j’ai remarqué qu’on fait plus attention : on respecte les idées mais on y connait les limites.
    J’en sais quelque chose car j’ai été publiée chez vous à plusieurs reprises et à chaque fois que je savais avoir tenu des propos de coup de gueule qui dépassaient la limite diffamatoire même si j’ai des raisons bien précises, je n’ai pas été publiée et c’était effectivement justifié, au moins cela respecte l’être humain et les limites pour le respect de l’autre.

    Merci et bon courage,
    Je sais qui tu es, quelqu’un de bien que des personnes ne comprennent pas à force de trop regarder leur nombril.

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Fermeture du SAV des éditos d’Alexandre Taliercio – Edito 04/11/2015