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Fifa: Blatter joue son dernier match sous les yeux de Platini

Lausanne (AFP) – « J’accepterai le verdict puisque dans le football on apprend à gagner, mais aussi à perdre »: Joseph Blatter, l’ancien président de la Fifa, plaide sa cause jeudi devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne pour contester sa suspension de toute activité liée au football pendant six ans.

L’audience de la plus haute instance de la justice sportive a débuté vers 08h30 (06h30 GMT) et ne devrait pas s’achever avant la fin de journée.

« Je ne m’appellerais pas Sepp Blatter si je n’y croyais pas, si je n’étais pas optimiste. Il faut être optimiste mais il faut aussi dire une chose: nous sommes dans le football et dans le football il y a un arbitre », a déclaré le Suisse de 80 ans aux journalistes à son arrivée dans une Mercedes noire, accompagné de son avocat Lorenz Erni.

« Je ne sais même pas s’il n’a pas déjà pris la décision avant, l’arbitre », a répondu, en écho, le Français Michel Platini à son arrivée trois heures plus tard pour témoigner durant l’audience. 

Ancien président de l’Union européenne de football (UEFA), Platini témoigne dans ce dossier car les cas des deux hommes sont liés. Tous deux ont été suspendus pour un paiement controversé de 1,8 million d’euros de Blatter à Platini en 2011. 

– Baroud d’honneur –

En première instance, les deux hommes ont écopé d’une suspension de 8 ans par la justice interne de la Fifa, instance secouée depuis mai 2015 par un vaste scandale de corruption. La chambre d’éthique de la Fifa les a jugés coupables d' »abus de position », « conflit d’intérêts » et « gestion déloyale ».

Dans un deuxième temps, leur sanction a été réduite à six ans en appel par la Commission des recours de la Fifa.

Platini a ensuite fait appel devant le TAS, qui a ramené en mai la durée de sa sanction à 4 ans. C’est à cette procédure que se plie lui aussi Blatter jeudi. Il avait lui-même témoigné lors de l’audience consacrée à Platini le 29 avril.

Le panel du TAS est composé de trois arbitres. Chaque partie en propose un et le troisième doit être choisi par consensus par les deux parties.

En faisant appel devant le TAS au printemps, Platini espérait pouvoir retrouver son fauteuil avant le coup d’envoi de l’Euro-2016 en France (10 juin – 10 juillet). Peine perdue: l’UEFA élira son successeur le 14 septembre en congrès à Athènes. 

Blatter, lui, n’a plus aucun fauteuil à retrouver. Cet ultime appel ressemble donc à un baroud d’honneur pour celui qui vient de perdre son père spirituel et prédécesseur à la tête de la Fifa, le Brésilien Joao Havelange, mort le 16 août à l’âge de 100 ans.

– Contrat oral –

Blatter, jusque-là personnage omnipotent de la planète football, avant de renoncer à son mandat de président de la Fifa le 2 juin 2015, juste après sa réélection, alors qu’une vague de scandales sur fond de corruption à grande échelle ébranlait l’instance. Son successeur, l’Italo-Suisse Gianni Infantino, a été élu le 26 février.

La décision du TAS de réduire de deux ans la suspension de Platini préjuge-t-elle de ce qui attend Blatter? 

En mai, le Tribunal arbitral avait « constaté l’existence d’un contrat valable » liant Platini et la Fifa (donc Blatter). Mais n’avait pas pour autant été « convaincu de la légitimité de ce versement ».

Autrefois proches mais aujourd’hui ennemis, les deux hommes assurent depuis le début que le versement correspondait à un arriéré de salaire sur la base d’un contrat oral (forme reconnue par le droit suisse).

Outre la seule justice sportive, Blatter est également visé par la justice suisse dans cette affaire, ainsi que pour un contrat de droits TV présumé très en-dessous des prix du marché au détriment de la Fifa.

Dans un dernier dossier, la Fifa a dénoncé début juin l’existence d’un système « d’enrichissement personnel » qui a selon elle permis à son ancien patron de se partager avec deux ex-bras droits 80 millions de dollars, à travers contrats, primes et bonus. Blatter a vigoureusement démenti tout enrichissement personnel.

L'ex-patron de la Fifa Sepp Blatter, à son arrivée au siège du TAS, le 25 août 2016. © AFP

© AFP ALAIN GROSCLAUDE
L’ex-patron de la Fifa Sepp Blatter, à son arrivée au siège du TAS, le 25 août 2016

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