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Fillon abat sa dernière carte en tenant une conférence de presse

Paris (AFP) – François Fillon, dans la tourmente depuis les révélations sur les emplois fictifs de sa femme et décrié jusque dans son propre camp, abat sa dernière carte en tenant une conférence de presse lundi. 

Alors qu’Alain Juppé a « clairement et définitivement » exclu lundi matin de servir de recours en cas de renoncement de son vainqueur de la primaire, François Fillon compte s’exprimer « devant tous les Français » à 16H00 à son QG de campagne porte de Versailles à Paris, selon son entourage. La riposte médiatique et politique a été intensément mûrie tout le week-end, avec l’idée d’être « plus offensif ». 

Depuis maintenant près de deux semaines, date des premières révélations du Canard Enchaîné, François Fillon doit faire face à des soupçons d’emplois fictifs visant sa femme et deux de ses enfants, des accusations qui font l’objet d’une enquête préliminaire. Le candidat crie au complot fomenté par la gauche au pouvoir. 

Le Monde publie lundi de nouvelles informations embarrassantes pour le candidat, avec des extraits de son audition par les policiers au cours de laquelle il a expliqué que sa fille et un de ses fils avaient travaillé sur son propre livre et pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 lorsqu’ils les salariaient comme assistants parlementaires au Sénat. 

A moins de trois de l’élection présidentielle, la droite est sacrément secouée par cette affaire. « Une crise sans doute la pire depuis très longtemps », selon le député LR Éric Ciotti, qui a appelé ses collègues à « garder leur sang froid ». Les parlementaires sont en effet paniqués devant les remontées du terrain, à quatre mois d’élections législatives à haut risque. 

Mercredi dernier, François Fillon leur avait demandé de « tenir 15 jours » derrière lui. Ils seront de nouveau réunis mardi matin au QG, tandis que plusieurs ténors de la droite expliquent en coulisses que le candidat est « mort ». 

Le centriste François Bayrou a expliqué dimanche qu’il n’avait « pas d’autre solution » que de se retirer.

– « Dans une forme de bunker » –

« Il va traîner cette campagne comme un chemin de croix, lui qui avait été quasiment intronisé président de la République après sa victoire extraordinaire à la primaire », a cinglé son ex-ministre, Rama Yade. 

Le député LR Damien Abad assure au contraire qu' »on n’est pas dans l’épisode de la dernière chance ». « On est simplement dans un épisode-vérité. C’est la première étape du dispositif. Aujourd’hui, François Fillon est déterminé à aller jusqu’au bout et nous devons faire en sorte qu’il aille jusqu’au bout. Parce que le plan B, ce sera un plan bancal pour la droite », a-t-il ajouté.

Mais les spéculations sur un plan B continuent d’aller bon train. 

Les regards continuent à se tourner vers Alain Juppé, qui a une nouvelle fois écarté l’idée de jouer les recours de la droite.

« J’ai dit quelle était ma position: clairement et définitivement, c’est non. Et vous me connaissez, non c’est non! », a insisté le maire de Bordeaux auprès de journalistes. « Aujourd’hui, on va écouter François Fillon », a-t-il ajouté.

Alain Juppé a déjà exclu par deux fois cette idée, mais l’idée d’un « ticket » avec François Baroin ou un autre circule également en coulisses. 

« Celui qui derrière François Fillon, si François Fillon est empêché, a le plus de légitimité, c’est Alain Juppé », a lancé lundi l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, suggérant ainsi d' »appliquer la règle qui s’applique dans le domaine sportif, (…) si le premier est disqualifié, c’est le numéro deux » qui prend sa place.

« Pour que Fillon soit débranché, il faut aussi qu’il accepte le plan B », juge un élu centriste alors que les quadras de la droite sont en embuscade, notamment le chiraquien François Baroin et Laurent Wauquiez, en lutte d’influence. 

La pression s’accentue. Le député sarkozyste Georges Fenech (LR) regrette que François Fillon soit « dans une forme de bunker », « entouré par ses affidés ». Et il a annoncé qu’il publierait dans l’après-midi « une liste de parlementaires » appelant à « un sursaut ».

François Fillon à la sortie de son domicile le 6 février 2017 à Paris. © AFP

© AFP LIONEL BONAVENTURE
François Fillon à la sortie de son domicile le 6 février 2017 à Paris

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