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Fillon droit dans ses bottes face à une nouvelle fronde à droite

Paris (AFP) – Sitôt rentré de La Réunion, François Fillon est venu mardi à l’Assemblée tenter d’éteindre une nouvelle fronde à droite, excluant toujours tout retrait de la présidentielle, « qui créerait une crise majeure » d’autant qu’à ses yeux, il n’y a pas de « solution alternative ».

Rejouant, selon un député LR, l’air du « moi ou le chaos », le candidat de la droite, toujours englué dans l’affaire des emplois présumés fictifs de ses proches, a prévenu que son retrait provoquerait un risque « d’effacement » de la droite au profit de Marine Le Pen, qui se verrait « ouvrir une porte ».

« Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi personnellement et ma famille de ne pas être dans cette compétition aujourd’hui. Cette décision (de rester), je l’ai prise, je ne reviendrai pas dessus », a martelé le vainqueur de la primaire de la droite.

Il répondait ainsi à une vingtaine de parlementaires, notamment sarkozystes, qui, lors d’un dîner la veille, avaient constaté leur « impossibilité de faire campagne » face aux dégâts provoqués par le Penelopegate.

« Ce n’est pas je ne sais quelle instance du parti qui va décider, comme sous la IVe République, du candidat à l’élection présidentielle. Il y a eu une primaire (…) et m’étant entretenu avec les principaux candidats, notamment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de solution alternative », a lancé M. Fillon à ces « frondeurs » qui réclamaient la tenue d’un bureau politique des Républicains.

« Je suis harcelé par la presse nationale. J’ai le harcèlement judiciaire. Je ne voudrais pas avoir en plus le harcèlement parlementaire parce que ça va commencer à devenir difficile (…) La question, c’est + est-ce que vous m’aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche ?+ », a exhorté l’ancien Premier ministre, sans évoquer le calendrier judiciaire qui inquiète de nombreux députés.

– ‘Tout est réglé’ –

Selon des participants à cette réunion à huis clos, la « grande majorité » des députés, « voire 90% », ont soutenu François Fillon pendant la rencontre qui a duré près de deux heures et au cours de laquelle une bonne trentaine de députés ont pris la parole. Mais « beaucoup ont aussi témoigné de leurs difficultés sur le terrain » avec « des électeurs choqués par les sommes » gagnées par l’épouse et les enfants de François Fillon.

« Dans une famille politique, il y a la nécessité de se dire les choses clairement », a résumé le porte-parole de M. Fillon, Thierry Solère, en assurant à l’issue de la rencontre que « le groupe était totalement rassemblé », derrière celui qui reste « le patron », selon Valérie Boyer. 

« A l’intérieur de la famille, tout est réglé », a renchéri le président du groupe LR, Christian Jacob, qui récuse le terme de « frondeurs ».

Le chef de file de ces derniers, le sarkozyste George Fenech, a fait marche arrière pendant la réunion alors que, le matin même, il avait fait circuler « une lettre ouverte » réclamant un bureau politique face à « une crise majeure ».

« Je ne demande plus un bureau politique et j’oublie le texte préparé hier soir », a déclaré M. Fenech après que Christian Jacob a qualifié son initiative de « vraie connerie monumentale », ont rapporté des participants. Ce magistrat de profession avait déjà fait volte-face, jugeant « caduc » le résultat de la primaire il y a deux semaines avant de se raviser. 

Face aux députés, M. Fillon a assuré qu’il allait continuer à faire campagne, notamment mercredi à Compiègne (Oise) après avoir déjeuné avec Nicolas Sarkozy. Il a aussi dit qu’il comptait « accentuer l’effort sur la sécurité, en liaison avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans plusieurs banlieues ».

Habituellement prompt à les ignorer, il s’est félicité des sondages qui « ont commencé à remonter un peu », alors que « ceux de M. Macron sont en train de baisser », soulignant surtout  le fait que le candidat d’En Marche! « a à peu près 36% de ses électeurs qui sont sûrs de voter pour lui. Moi, c’est 70 ou 75% ».

« Cela veut dire que le socle des électeurs de droite, qui sont fâchés -c’est incontestable-, (…) il veut qu’on gagne », a-t-il conclu.

François Fillon en campagne à Saint-Denis de la Réunion, en France, le 13 février 2017. © AFP

© AFP/Archives Richard BOUHET
François Fillon en campagne à Saint-Denis de la Réunion, en France, le 13 février 2017

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