INTERNATIONAL

Fillon veut tenir à tout prix, malgré les défections en masse

Paris (AFP) – Ses soutiens le désertent en masse, la droite est déchirée, Alain Juppé prêt à le remplacer: contre vents et marées, François Fillon veut rester dans la course à l’Elysée, en espérant une mobilisation massive de ses partisans dimanche au Trocadéro.

Le week-end, crucial pour l’ex-Premier ministre, paraît se résumer par la formule « Ca passe ou ça casse ». 

Défections et appels au retrait se succèdent depuis l’annonce mercredi par le candidat lui-même de sa prochaine convocation aux fins de « mise en examen » dans l’affaire des emplois présumés fictifs de son épouse et de deux de ses enfants. Même son fidèle directeur de campagne depuis près de quatre ans, Patrick Stefanini, a donné sa démission, « effective dimanche soir ».  

Quasiment tous les partants attendent du maire de Bordeaux qu’il vienne sauver son camp d’une défaite à la présidentielle, si l’on en croit les sondages.

Observant que « nos électeurs sur le terrain sont partagés » entre « ceux qui demandent de tenir bon » et ceux « dans le doute », Luc Chatel, resté fidèle jusqu’alors à François Fillon, plaide samedi dans le Figaro que « seul le vainqueur de la primaire a aujourd’hui toute légitimité » alors que « la victoire d’un candidat de gauche n’est plus improbable et que la victoire de la candidate d’extrême droite n’est plus impossible ».  

Première étape d’un week-end aux allures de crash test: la réunion samedi après-midi aux Docks de Paris, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), des représentants de quelque 2.500 comités locaux thématiques installés sur tout le territoire sous la houlette de Pierre Dannon, animateur de « la société civile » dans la campagne Fillon.

« Cette réunion, prévue de longue date, sera close par un discours historique de François Fillon, où il réaffirmera sa détermination à redresser le pays », a assuré à l’AFP M. Dannon, ex-PDG de Numéricable et actuel vice-président de Telecom danois, qui compte fournir aux participants « des outils pour continuer à faire campagne », comme « 18 tracts thématiques comprenant chacun dix mesures (développement durable, jeunes, seniors…).

France plurielle, rassemblement d’associatifs, d’élus locaux, de chefs d’entreprises, a cependant suspendu sa participation à la campagne, souhaitant le retour d’Alain Juppé.

Ce samedi marque aussi le 63e anniversaire de François Fillon, comme le lui ont souhaité sur Twitter des membres de Sens Commun, « dans la combativité ».

– « Discours au peuple » –

Le rendez-vous clef sera dimanche au Trocadéro, dont M. Fillon semble attendre son salut, jouant en quelque sorte le peuple contre les élus. 

« Ne vous laissez pas faire (…) Je vous demande de résister », a lancé M. Fillon à ses partisans, vendredi soir dans une vidéo sur Twitter. Sur la Toile, les appels à venir au rassemblement s’accompagnent du hashtag #touchepasamonvote. 

L’espoir est de réunir « 40 à 45.000 personnes », selon M. Dannon. Et « on ne veut pas de dérapages, alors on fait tout pour cadrer les participants », via un service d’ordre de 200 personnes, « en harmonie avec la Préfecture de Paris ». Aucune banderole n’est autorisée, pour éviter « les messages intempestifs ». Interdits également sacs à dos et à main, rien qui puisse « handicaper le travail de la sécurité ».  

Des cars sont affrétés par l’équipe Fillon dans l’espoir de faire venir le plus de monde possible, comme un bus de la fédération de Moselle et un bus de celle des Vosges, des places en train prévues.

Mais cela rechigne par endroits. Si deux bus, soit environ 120 personnes, partiront par exemple de la Madeleine, commune cossue jouxtant Lille, plus une quarantaine de voitures pour du covoiturage selon le maire, aucun départ prévu par la fédération de la Somme. 

En Gironde, où le président de la fédération n’est autre qu’Alain Juppé, un seul autocar partira à 4H00, avec samedi matin… 26 passagers confirmés.

Au Trocadéro, l’ex-Premier ministre prononcera « un discours au peuple de France », selon son entourage. 

Mais après? Son agenda pour la semaine prochaine a été communiqué à la presse. 

« Aucun doute sur la détermination de François Fillon », assure dans Le Parisien l’ancien patron d’Axa, son ami Henri de Castries, qualifiant « d’écume » les défections.

   

© AFP/Archives PASCAL GUYOT
Le candidat à la présidentielle française François Fillon à Nîmes, le 2 mars 2017

Article précedent

Décès de Jean-Christophe Averty, figure de la télévision

Article suivant

La Malaisie annonce l'expulsion de l'ambassadeur nord-coréen

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire


Dernières vidéos

PARTAGER

Fillon veut tenir à tout prix, malgré les défections en masse