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Finances publiques : les communes trop dépendantes de l’État et du Pays

©MB/Radio1

Le dernier « observatoire des communes » publié par l’agence française de développement dépeint des finances locales portées par l’essor économique en 2019, à la veille des élections municipales et de la crise Covid. Mais elles souffrent aussi d’une faiblesse que les perturbations économiques risquent d’exacerber : la dépendance aux subventions du Pays et de l’État. L’AFD entend aider les nouvelles équipes municipales à gagner en autonomie.

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Une dynamique positive. C’est ce qu’avait observé l’Agence française de développement (AFD) dans les finances locales en 2017 et 2018, et le mouvement s’est maintenu en 2019, comme le révèle la nouvelle version de « l’Observatoire des communes ». Les résultats de l’exercice sont jugés « satisfaisants » en section de fonctionnement, avec une épargne brute des municipalités qui atteint 3,4 milliards de francs. Côté investissements les dépenses étaient en hausse : 9,8 milliards sur l’année, preuve que les communes ont fait des efforts pour faire aboutir leurs projets.

Autant de chiffres qui permettent d’éclairer une année charnière à plus d’un titre : 2019, dernier exercice de la mandature est aussi le dernier à n’être pas touché par la crise sanitaire. L’AFD, qui a commencé à étudier certains comptes 2020, estime qu’hormis les communes les plus touristiques, l’impact de la crise est plus « organisationnel que financier » à ce stade. Mais la crise pourrait rattraper toutes les collectivités à partir de 2022 et 2023. Car l’observatoire révèle une faiblesse préexistante au Covid dans les comptes des mairies : « Elles ont une autonomie financière limitée » explique la directrice de l’antenne polynésienne de l’AFD, Céline Gilquin. Les subventions d’État et du Pays ne cessent de prendre de l’importance dans les capacités d’investissement des communes, atteignant 70% du total en 2019. Et, malgré les messages rassurants des élus, répétés ce matin encore à l’assemblée, la crise, qui a fragilisé les recettes fiscales de toutes parts, risque de faire vaciller cette manne. « Le contexte de crise exacerbe encore plus cette dépendance, et les communes expriment un certain nombre d’inquiétudes quant à la visibilité sur ces subventions et leur capacité à assurer les investissements pour les années à venir », reprend la responsable.

Cette analyse globale ne doit pas faire oublier des disparités fortes entre les communes les plus peuplées et celles qui sont les plus isolées. Chacun sa situation financière, chacun ses défis, que plusieurs tavana étaient venus exposer, hier matin, pour la présentation officielle de l’étude. Poids du prix du fret dans les projets des communes des îles, incertitude sur les dotations publiques pour les communes les plus peuplées… Même quand les fonds sont suffisants et disponibles, beaucoup de municipalités sont limités par « une carence en ingénierie » qui « entrave la réalisation des projets entrepris« , comme l’explique le maire de Mahina, Damas Teuira.

Or l’investissement est un sujet majeur à l’heure des exigences de relance de l’après-crise et des exigences règlementaires du CGCT. Là encore, chacun ses projets, et chacun ses obstacles. Mahina, par exemple, aimerait pouvoir hisser le pavillon bleu entre la pointe Vénus et Hitimahana. Mais pour ça il faudra « réfléchir sérieusement à l’assainissement collectif » rappelle le Tavana, qui « sait pertinemment que le résultat des études va révéler un coût faramineux », qui devra ensuite être « réparti entre les foyers qui seront éligibles au raccordement à l’assainissement collectif. »

C’est typiquement dans ce genre de projet que l’AFD peut aider les collectivités, relèvent les responsables de l’agence. L’établissement propose des prestations de conseil, mais aussi des instruments financiers spécialement conçus pour les communes. Mais face à la crise, l’agence veut surtout aider les municipalités à « optimiser » leurs recettes et leurs dépenses et à trouver de nouveaux leviers pour gagner en autonomie financière. La présentation de l’étude aura quoiqu’il arrive été l’occasion pour l’AFD de prendre ou reprendre contact avec les équipes municipales fraichement installées.

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