EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Flosse au pays des Bisounours – Edito 18/11/2015

Lorsque je vois l’allure pleine de bonhommie de Maître François Quinquis et malgré son indéniable savoir faire d’orateur, me revient en tête en fonction de ses déclarations d’hier, un générique qui aura marqué mon enfance …

« extrait générique Bisounours »

Oui, hier à l’entendre tout n’était question que de pure forme quant à l’issue que devrait trouver l’affaire Haddad-Flosse qui pourrait selon lui être à présent prescrite du délai de 3 ans en matière délictuelle. Sans rappel des faits et autres aveux, les moins éclairés d’entre nous s’imagineraient presque que ça permettra de laver plus blanc que blanc et oublier le fond de l’histoire. Aussi, permettez-moi de vous rafraichir la mémoire avec cette citation des propos tenus par une journaliste sur notre antenne le 2 octobre 2012 :

« La présidente du tribunal correctionnel a confronté toute l’après midi Michel Yonker, Melba Ortas puis Gaston Flosse à leurs précédentes déclarations faites au juge d’instruction : le premier recevait l’ordre de Hubert Haddad de remettre des liquidités dans une enveloppe à la secrétaire du Sénateur qui par la suite glissait le pli dans le tiroir du bureau de Gaston Flosse. Les trois protagonistes ont tous reconnus que ces versements avaient eu lieu entre 1993 et 2005. Les sommes mensuelles allaient de 600 000Fcp à plus d’un million de francs ».

Mais que ce soit à des fins personnelles, ou même pour revêtir les oripeaux du bon samaritain polynésien distribuant les sous aux nécessiteux comme il voulait nous le faire croire à l’époque : la simple image des enveloppes Kraft échappant à toute comptabilité, peut bel et bien choquer lorsque c’est le chef de l’exécutif d’une collectivité territoriale au surplus parlementaire qui les encaisse et les dépense sans contrôle. Non ?

S’il s’avère que la justice s’est vraiment mise dedans en n’étant pas suffisamment vigilante afin de se prémunir d’un tel gâchis de procédure, c’est un énième calamiteux exemple d’impunité qui va nous être servi.

Le ton monte sur tous les relais d’opinion lorsque l’on voit qu’un petit trafiquant de paka écope de prison ferme pour avoir dealé quelques sticks 1000, tandis que des hommes politique ayant été condamnés dans d’autres procédures à du détournement de fond public, et j’en passe et des meilleures, ont encore le droit de fanfaronner libres et continuer de participer au débat politique. Pire même, quand certains d’entre eux prennent la posture de donneurs de leçons couplée à celle d’empêcheurs de tourner en rond.

Toutefois plus que ceux qui se rendent coupables de ces infractions, j’aurais presque tendance à vouloir être plus dur envers ceux qui ont trop manqué d’audace, pour ne pas parler ici de l’équivalent en argot de certains organes. Ceux qui ont laissé faire. Ceux qui ont été trop cléments par peur d’ingérer dans la vie de ce qu’ils percevaient encore sans doute comme leur colonie. Ceux dont le paternalisme nauséabond a laissé se créer leurs propres monstres. Ceux qui ont laissé ces monstres ensemencer le terreau de l’instabilité qui encore aujourd’hui remuent la bouse pour le fertiliser.

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2 Commentaires

  1. 19 novembre 2015 à 11h16 — Répondre

    Bien dis ,J’approuve à 100% §

  2. Edgar Frogier
    20 novembre 2015 à 6h33 — Répondre

    Bravo Alexandre, remets-en une couche !

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Flosse au pays des Bisounours – Edito 18/11/2015