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Fonction publique hospitalière et établissements de santé : Vannina Crolas très (trop?) prudente

Trois grandes thématiques pour ces Rencontres de la fonction publique qui doivent rendre leurs conclusions ce mercredi : la réorganisation des services, la réforme des cadres d’emploi et la réforme des régimes indemnitaires. La ministre Vannina Crolas promet un plan d’action à la fin de l’année, puis une mise en œuvre progressive à partir de 2026. Pour elle, la mise en place de la fonction publique hospitalière viendra après la réforme générale, et elle marque une certaine méfiance envers le concept d’établissement public de santé que défend le ministre de la Santé. Une prudence qui contraste avec l’urgence du secteur.

Les « Rencontres de la fonction publique » qui se déroulent à la présidence de lundi à mercredi ont l’ambition de réfléchir collectivement à l’avenir de la fonction publique polynésienne. Il est question de trouver de nouveaux modèles de gestion et d’organisation publique, de mettre en place la déconcentration administrative, de « repenser le cadre budgétaire dans une logique de performance », de faire prendre à l’administration le « virage numérique », et de faire évoluer le « capital en ressources humaines » notamment en redéfinissant les cadres d’emploi pour en faire disparaitre les métiers obsolètes et y introduire les nouveaux métiers. Conférences et tables rondes ont rythmé les journées de lundi et mardi, et les conclusions et propositions doivent être mises en commun ce mercredi. « En fonction des propositions, dit la ministre du Travail et de la Fonction publique Vannina Crolas, on va définir un plan d’action d’ici la fin de l’année pour une mise en œuvre progressive dès janvier 2026. »

La fonction publique hospitalière : d’abord trouver le cadre général, dit Vannina Crolas

Interrogée sur l’avancement des travaux vers la création d’une véritable fonction publique hospitalière qui puisse résoudre la pénurie de soignants en offrant des conditions de travail et de rémunération plus attrayantes, la ministre ne donne pas de calendrier, et répond qu’elle souhaite d’abord « poser un cadre commun à la fonction publique (…) avant de faire une fonction publique spécifique ».

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Vannina Crolas explique que le ministère de la Santé a déjà fait un « benchmarking » de ce qui se fait en métropole, dans les DOM ou en Nouvelle-Calédonie, « sauf qu’ils n’en ont pas fait sur ce qui se passe dans les pays étrangers, parce que le modèle de service public à la française est très présent dans les esprits. On veut leur demander de sortir un peu de ce cadre habituel », dit la ministre qui souhaite « une mise à plat des statuts qui existent de par le monde ». Avec toujours cet espoir, très présent dans le discours du Tavini, de trouver d’autres modèles : « C’est vrai que nos enfants vont faire leurs études en France, donc il y a un travail également à faire du côté du ministre de l’Éducation pour orienter vers la Nouvelle-Zélande, Fidji ou d’autres pays… », dit Vannina Crolas.

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Établissements publics de santé : la ministre de la Fonction publique méfiante

Étudier d’autres modèles et « tenir compte des échecs » : lorsqu’elle dit cela, la ministre fait aussi référence au statut d’établissement public de santé que veut créer le gouvernement, notamment pour permettre une programmation budgétaire pluriannuelle des structures de santé et des partenariats public-privé. Ce statut mis en place il y a plus de 20 ans en France ne semble pas emporter son adhésion totale :  « Je sais qu’au niveau des établissements publics de santé, il y a un retour en arrière en métropole, affirme-t-elle, parce qu’il y a eu a priori des dérives dans la mise en œuvre, au niveau de la gestion, donc il faut qu’on soit vigilant et qu’on ne fasse pas les mêmes erreurs. »

D’abord doucement, et ensuite pas trop vite ? Aussi louable soit la prudence de la ministre, combien de fois faudra-t-il refaire les examens en espérant un diagnostic différent ? Les soignants, et surtout les patients polynésiens apprécieront.