EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

France et nucléaire : la déconfiture environnementale – Edito 30/08/2018

Ce pauvre Nicolas Hulot ne pensait pas qu’en devenant Ministre de la transition énergétique et de l’environnement il aurait à avaler autant de couleuvres. Il s’est fait rattraper par la dure réalité, celle des lobbys, ces groupes de pression représentant des corporations puissantes ou de grands groupes mondiaux. Constat d’échec sur toute la ligne, incapable de faire bouger les choses, ou si poussivement, face au péril environnemental pourtant manifeste qui touche la France et le reste du monde, il a donc démissionné. Cassant les codes du protocole il a profité d’une interview donnée sur France Inter pour faire son annonce, prenant de court le Président de la République et le Premier Ministre. C’était du spectacle digne de ses années à TF1. Triste, tendance pathos …

Et aujourd’hui tombe une autre information, un rapport qu’il avait conjointement commandé avec Bruno Lemaire sur l’avenir de la filière nucléaire qui encourage en fait la construction de six réacteurs de nouvelle génération, les fameux EPR. Alors que des pays sont en train de sortir de cette cochonnerie, certes bien pratique, du nucléaire, la France en fer de lance de la tendance inverse va s’y enchaîner encore davantage. Le manque d’ambition est terrible couplé au fait que l’on cède, pantalon baissé, aux pressions exercées en sous-marin.

L’humanité consomme l’électricité dans des quantités astronomiques, et elle a tendance encore à croître année après année. Le but n’est évidemment pas de retourner à l’âge des cavernes ou de s’éclairer à la chandelle pour revivre en mode vintage la petite maison dans la prairie, mais ce n’est pas comme si il n’y avait pas de plan B.

Le coût de production de l’énergie solaire, le photovoltaïque a ainsi diminué de 85% en dix ans et de 50% supplémentaire rien qu’en 2016. Pour cette raison, l’Inde a renoncé dernièrement au projet de construction de six centrales à charbon totalisant une capacité de production de 14 gigawatts pour les remplacer par des centrales solaires 25% moins chères. Depuis deux ans la Chine exploite 38 gigawatts de capacité photovoltaïque, l’équivalent de la production électrique française moyenne. Elle prévoit d’investir plus de trois cents milliards de dollars sur cinq ans et a livré il y a peu la première centrale solaire flottante, capable d’approvisionner une ville de vingt-cinq mille habitants.

Pour que vous ayez un ordre de grandeur et finalement du potentiel de cette technologie de substitution, il suffirait d’un carré de 254km sur 254km installé dans une zone comme le désert du Sahara pour alimenter la planète entière. Nous avons donc déjà les moyens de mettre en oeuvre une nouvelle ère pour l’humanité, mais nous préférons continuer de jouer avec la boîte de pandore radioactive.

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1 Commentaire

  1. TAAHOA
    31 août 2018 à 10h04 — Répondre

    MERCI Peuple de POLYNÉSIE parce que grâce à nous la FRANCE est ? ème mondiale

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France et nucléaire : la déconfiture environnementale – Edito 30/08/2018