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Freddy Chanseau : « L’objectif, c’était la sécurité des vols »

© Vaite Urarii Pambrun

Au onzième jour du procès du crash d’Air Moorea, lundi, les prévenus se sont succédé à la barre du tribunal. L’ancien directeur général de la compagnie aérienne, Freddy Chanseau, a notamment chargé l’expert judiciaire entendu la semaine dernière. « Il a dit n’importe quoi (…), je ne sais pas comment on peut être expert et dire des bêtises ».

Lors de la journée consacrée à l’audition des prévenus, lundi, le directeur général de la compagnie Air Moorea, Freddy Chanseau, a été entendu à la barre. Il a réaffirmé qu’il s’occupait de la société au quotidien des finances, de la partie commerciale, des opérations aériennes ou encore l’entretien des avions.

Mais il a expliqué qu’il n’avait pas les compétences pour vérifier la partie technique de la compagnie. Ces informations lui étaient remontées par le biais des responsables techniques, des pilotes et de la sécurité. « Il est très difficile de tout vérifier ». Freddy Chanseau a assuré que les employés de la compagnie travaillaient : « tous dans le même objectif, c’est à dire la sécurité des vols ».

« Les relations étaient bonnes voire courtoises »

Le directeur général d’Air Moorea a assuré que « les relations étaient bonnes voire courtoises » au sein de la compagnie aérienne, à l’inverse de ce qui a été entendu à la barre ces derniers jours. Selon lui, c’est une grève des pilotes qui pousse aujourd’hui une partie du personnel à se dire mécontent de la compagnie. « Je m’étonne aujourd’hui que ces pilotes parlent de tels problèmes. Lors de la grève, ils n’ont pas fait état de ce problème de maintenance ». Quant aux déclarations sur la sécurité « border line », Freddy Chanseau a préféré mettre ces propos sur le compte de la perturbation des agents après le crash, ou de la vengeance individuelle d’un technicien retraité, François Lopez.

Interrogé par le tribunal, Freddy Chanseau a balayé l’ensemble des remontrances faîtes à la compagnie pendant le procès. « Non, je ne changerais rien à ma façon de manager. Je suis intimement convaincu que la rupture du câble n’est pas la cause du crash ».

« Les experts judiciaires ont affirmé des non vérités »

Le directeur général d’Air Moorea a aussi chargé l’expert judiciaire près de la cour de Reims et consultant en transport aérien, Hugues Arnould, qui s’est longuement exprimé sur la catastrophe la semaine dernière. « Il a dit n’importe quoi (…). Je ne sais pas comment on peut être expert et dire des bêtises ». Sur l’absence de contrôle du câble lorsque le Twin Otter est arrivé au fenua, Freddy Chanseau estime que « c’est une ineptie de dire qu’on aurait dû reprendre la tension (du câble) ».

« Les affirmations des experts sont complètement à charge contre nous », s’est défendu le directeur d’Air Moorea. L’hypothèse des conséquences des turbulences sur l’état du câble reposerait, selon Freddy CHanseau : « sur la volonté de nous désigner comme responsable (…) Je trouve affligeant que ce monsieur soit expert judiciaire ».

La sécurité passe avant la rentabilité

L’ancien directeur général assure que « nous n’avons jamais pris de décision au détriment de la sécurité. (…) On ne peut pas dire qu’on va privilégier la rentabilité à la sécurité, (…) car on sait qu’un crash peut tuer une compagnie ». Sur l’absence de personnalisation du programme d’entretien, l’ancien directeur général a affirmé qu’il n’avait pas à le faire. « Nous faisions les travaux en fonction des éléments du constructeur. (…) Il n’est pas écrit qu’on doit adapter le programme d’entretien selon le cycle de l’appareil ».

Manate Vivish : « C’est une exigence règlementaire de faire remonter les informations »

Le directeur actuel d’Air Tahiti, qui représente la personne morale Air Moorea dans cette affaire, Manate Vivish, est du même avis que l’ancien directeur de la compagnie aérienne concernant les dysfonctionnements qui n’ont pas été remontés. Il affirme que des documents sont mis en place pour toutes les remontées d’informations. Documents qui sont à la disposition des pilotes. « Ils en ont l’obligation, c’est une exigence règlementaire de faire remonter les informations », explique Manate Vivish. Il indique que les remarques orales ne servent à rien et que le processus écrit et anonyme pour faire remonter les informations n’a pas été utilisé.

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