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Nucléaire : Fritch grand absent des commémorations

© Lucie Rabréaud

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Édouard Fritch n’est finalement pas venu à la commémoration du premier tir des essais nucléaires qui s’est déroulé samedi dans les jardins de Paofai. Patrick Howell, ministre de la Santé, s’est fait son porte-parole, appelant à l’unité devant le fait nucléaire. Rendez-vous désormais le 6 juillet pour la présentation d’un nouveau décret à la loi Morin.

Plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées samedi dans les jardins de Paofai, à côté de la stèle dédiée aux victimes des essais nucléaires. Il s’agissait de commémorer les 50 ans du premier tir, qui s’est déroulé le 2 juillet 1966. Les participants de la marche autour de l’île, organisée par l’association 193, ont d’abord été accueillis puis les dirigeants des Églises protestantes et catholiques se sont succédé au micro. Une prière un peu trop longue au goût de Roland Oldham, président de Moruroa e tatou, qui aurait aimé qu’on laisse la parole à l’ancien maire d’Hiroshima, Tadatoshi Akiba, également président du réseau Maires pour la paix, ou à Bruno Barrillot, ancien délégué au suivi des conséquences des essais nucléaires ou encore aux politiques.

Édouard Fritch, président du Pays, était donc le grand absent de cette commémoration. Il avait pourtant assuré qu’il serait là. Deux membres du gouvernement le représentaient : le ministre de la Culture et de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu et le ministre de la Santé, Patrick Howell. Ce dernier a expliqué que le président du Pays était en pleine préparation d’un voyage à Paris et ne pouvait donc pas être présent à la commémoration.

Lors des différents discours, les militants associatifs ont rappelé que « l’État français n’a jamais assumé ses responsabilités sur les conséquences des essais nucléaires ». Père Auguste, président de l’association 193, a utilisé des mots forts : « Depuis le 2 juillet 1966, le sang qui coule dans nos veines est empoisonné. » Et le père Joël Auméran a parlé d’une « ombre » qui s’est glissé sur l’histoire de la Polynésie. Il a demandé que justice soit faite pour que « la société polynésienne passe de l’ombre de son passé à la lumière de son avenir ». Un nouveau décret à la loi Morin doit être présenté le 6 juillet prochain lors de la commission consultative de suivi des essais nucléaires. Peut-être une avancée pour l’indemnisation des victimes ? Roland Oldham n’y croit pas. Pour lui, c’est encore « une escroquerie ».

Quant au référendum réclamé par l’association 193 à travers les 45 000 signataires, le ministre de la Santé renvoie la responsabilité aux politiques de manière générale. Il espère que tous les partis politiques parlent d’une « même voix », appelant à l’unité devant le fait nucléaire.

Oscar Temaru, représentant UPLD à l’assemblée et tavana de Faa’a, a rappelé qu’un référendum avait déjà était soumis au peuple polynésien en 1958…

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1 Commentaire

  1. simone grand
    4 juillet 2016 à 10h17 — Répondre

    N’oublions pas que le Tahoeraa doit son pouvoir et d’avoir régné grâce au fait nucléaire dont il s’est fait le plus ardent défenseur et a fait en sorte de favoriser la nationalisation des Chinois qui en devenant Français ont soutenu le parti et la France et donc le CEP. La majorité de la population a profité à des degrés divers du CEP qui a ouvert les horizons. Nul ne pouvant changer le passé, il importe après un état des lieux serein, de vivre le présent et dessiner l’avenir en ayant pleine conscience de nos faiblesses et de nos forces et sur quels alliés nous pouvons compter pour que nos enfants d’origines diverses désormais, s’épanouissent dans un monde trop petit et trop grand à la fois.

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