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Gabon: le Conseil de sécurité de l'ONU "profondément préoccupé"

Nations unies (Etats-Unis) (AFP) – Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait part jeudi de sa « profonde préoccupation » face aux violences qui ont embrasé le Gabon après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo pour un troisième mandat.

L’envoyé spécial des Nations unies en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily, a présenté un rapport aux membres du Conseil qui se penchaient à huis clos, à la demande de la France, sur la crise politique et les émeutes meurtrières agitant le pays.

Les quinze pays membres « ont appelé tous les candidats, leurs partisans, les partis politiques et les autres acteurs à rester calmes, à s’abstenir de tomber dans la violence ou d’autres provocations et à résoudre tout différend éventuel à travers les mécanismes constitutionnels et légaux établis », a déclaré l’ambassadeur de la Nouvelle-Zélande, Gerard van Bohemen, qui tient la présidence tournante du Conseil en septembre. 

Le Conseil a exprimé « sa profonde préoccupation » et souligné l' »importance d’un processus (électoral) transparent et impartial », a-t-il ajouté. 

L’annonce de la réélection d’Ali Bongo mercredi en fin de journée par la commission électorale a déclenché une nuit d’émeutes meurtrières et de pillages à Libreville et dans d’autres villes du pays.

L’ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre, avait avant la réunion enjoint le Conseil à « rappeler à nouveau l’importance critique d’une procédure garantissant la transparence des résultats des élections ». 

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’était quant à lui dit plus tôt jeudi « vivement préoccupé et attristé » par les violences, appelant à une « vérification transparente » des résultats.

« La crise électorale, en particulier les incendies volontaires et la réponse disproportionnée des agences de sécurité, a mené à de regrettables pertes en vies humaines et à la destruction de biens », a indiqué M. Ban dans un communiqué, affirmant entendre « la frustration du peuple gabonais et des jeunes en particulier ».

Le secrétaire général a aussi demandé au gouvernement gabonais de « rétablir immédiatement » les moyens de communication et aux forces de sécurité de respecter les droits de l’homme et de faire preuve de « la plus grande retenue ».

Selon lui, le nouveau gouvernement devra prendre en compte la frustration de citoyens aspirant à de meilleures conditions de vie et à des réformes démocratiques. « Les Nations unies seront là pour soutenir ses efforts », s’est-il engagé.

Il a également appelé les responsables politiques et la population gabonaise à « surmonte(r) leurs différences par des moyens pacifiques, dans l’intérêt de l’unité nationale ».

Ali Bongo Ondimba le 1er septembre 2016 à Libreville. © AFP

© AFP MARCO LONGARI
Ali Bongo Ondimba le 1er septembre 2016 à Libreville

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