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Gaston Flosse canarde le Pays et l’État

©CP/Radio1

Gaston Flosse avait convoqué la presse ce mercredi matin, reprenant ses thèmes favoris : l’incapacité du gouvernement d’Édouard Fritch à sortir le Pays de la crise sanitaire et économique, et l’attitude de l’État à son égard.

Quatre points à l’ordre du jour de Gaston Flosse ce matin, chacun d’entre eux constituant pour le Vieux lion une occasion de critiquer vertement le gouvernement Fritch et l’État.

La visite de Sébastien Lecornu d’abord, la plus longue « balade » en Polynésie d’un ministre des Outre-mer, « le  trajet d’un parfait touriste ». Sur la convention finalisée par le ministre, le coût de la construction, réhabilitation ou extension de 17 abris de survie, critique Gaston Flosse (qui le chiffre à 10 milliards de francs alors que son montant réel est de 6 milliards) devrait incomber entièrement à l’État en vertu de sa compétence en matière de sécurité, et non pas être financé pour partie par le Pays et les communes. Gaston Flosse fustige aussi les déclarations du ministre sur la nécessité d’atteindre 70% de couverture vaccinale pour rouvrir les frontières, alors que la santé relève de la compétence du Pays. Conclusion, c’est du « colonialisme », « l’État est en train de piétiner notre autonomie » ; car pour lui les restrictions de circulation entre le fenua et le reste du monde, parce qu’elles sont prises pour des raisons sanitaires, ne seraient pas du ressort de l’État mais du Pays qui détient la compétence de la santé. Bref, selon lui Édouard Fritch n’est pas assez ferme devant l’État.

Deuxième angle d’attaque, « l’échec du plan de relance », qui dans sa version Rohfritsch listait 200 mesures les 120 milliards mais dont la version Raffin est réduite selon Gaston Flosse à 50 mesures pour 50 milliards (pour rappel il s’agissait de la version présentée en décembre. La version finale présentée en février que Gaston Flosse ne mentionne pas comportait 74 mesures pour près de 79 milliards). Et, ajoute Gaston Flosse, les effets de ce plan, qu’il qualifie de « charabia », tardent à se manifester. C’est même un échec, insiste-t-il, puisque Édouard Fritch admet que les mesures de soutien à l’emploi et aux entreprises ne pourront être maintenues au-delà du mois de septembre.

Troisième salve, « le bateau Polynésie coule », parce que « le commandant n’est pas un chef » ­, et que même s’il a été son élève, Édouard Fritch est « le dernier de la classe ».

Il ne faut donc pas s’étonner que le haut-commissaire « prenne petit à petit la place du président », dit Gaston Flosse – une critique récurrente depuis le début de la crise sanitaire, répétée tout au long de l’année dernière dans une dizaine de lettres ouvertes.

Pour éviter le naufrage, une seule planche de salut, les « gros chantiers » de la ferme aquacole de Hao et du Mahana Beach, que l’ancien président continue de voir comme des aimants à investisseurs étrangers, et créateurs d’emploi, pour peu qu’on mette en place les zones franches qu’il préconise. « Il faut de gros investissements, pas des petits travaux routiers. »

Quatrième point à l’ordre du jour, la table ronde de haut-niveau sur les conséquences des essais nucléaires : « Pourquoi ne sommes-nous pas invités avec Oscar Temaru ? Et pourquoi le faire à Paris ? » au lieu de l’organiser durant la visite d’Emmanuel Macron en juillet, demande Gaston Flosse, qui accuse le Pays de dilapider des fonds publics pour emmener « tous les bénis oui-oui sélectionnés par Fritch » en métropole.

Le Tahoeraa devrait changer de nom bientôt, après validation par son congrès du nom « Amuitahiraa o te nunaa ma’ohi ». C’est l’étiquette sous laquelle les candidats aux législatives seront présentés, mais rien n’est encore fixé, dit Gaston Flosse : « Nous avons quelques noms, nous serons présents dans les trois circonscriptions mais rien n’est officiel. » 

La route vers la souveraineté : la méthode Flosse

Interrogé sur les négociations à Paris entre l’État et les représentants calédoniens, dans lesquelles l’État semble ouvert à un futur statut d’état associé, Gaston Flosse explique qu’il ne procéderait pas de la même façon. « J’aurais demandé à la France un référendum d’autodétermination avant tout, pour demander aux Polynésiens, est-ce que vous êtes d’accord sur le principe d’un statut d’état souverain associé à la France ? Je suis sûr que ce sera un ‘oui’ à 70, 80%. Et ce n’est qu’à ce moment-là que je vais négocier ce statut (…). Je veux que ce soit l’état polynésien qui négocie, d’état à état. Ce statut d’état associé, c’est une première phase pour ensuite accéder à la pleine et entière souveraineté. »   Une vision dont il s’est entretenu avec Oscar Temaru, dit-il, mais c’est là que les deux hommes diffèrent, car le leader du Tavini a répondu «un état souverain, oui, mais associé à la France, non. »

 

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2 Commentaires

  1. deodata
    3 juin 2021 à 9h00 — Répondre

    Bon diagnostic flossien. Mais les « grands travaux » sont une mauvaise solution qui ne profitera qu’aux investisseurs chinois.

  2. 3 juin 2021 à 13h47 — Répondre

    Il est loin le bon temps du « grand frère Chirac  » et de la lune de miel avec l’Etat, comme l’humain est changeant, « Je t’aime moi non plus » lamentable.

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