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GB: Le ministre Boris Johnson veut quitter l'UE mais pas l'Europe

Londres (AFP) – A peine nommé, le nouveau chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, contesté pour ses approximations ou ses boutades de mauvais goût, a tenté jeudi de rassurer ses interlocuteurs européens en déclarant que quitter l’UE « ne signifie pas quitter l’Europe ».

Boris Johnson s’exprimait pour la première fois depuis l’annonce mercredi soir de son entrée au gouvernement de Theresa May, dominé par les pro-Brexit.

« Il y a une différence énorme entre le fait de quitter l’UE et nos relations avec l’Europe qui vont s’intensifier », a déclaré devant son ministère Boris Johnson, qui a été le fer de lance de la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du référendum du 23 juin.

« Bien sûr, nous allons appliquer la volonté de la population lors du référendum, mais cela ne veut aucunement dire quitter l’Europe », a-t-il ajouté.

Dans la soirée, pour sa première sortie publique, il s’est rendu à la réception de l’ambassade de France au Royaume-Uni à l’occasion du 14 juillet. « Nous devons désormais nous assurer (…) de créer une nouvelle relation intergouvernementale meilleure que le système actuel », a-t-il déclaré à un journaliste de l’AFP, précisant être là « pour rassurer tout le monde au sujet du Brexit ».

Investie mercredi, moins de trois semaines après le vote en faveur du Brexit, Mme May, 59 ans, se rendra vendredi en Ecosse, pour son premier déplacement, après s’être engagée à préserver l’unité du Royaume-Uni et alors que l’Ecosse contrairement à l’Angleterre a voté très majoritairement pour rester dans l’UE.

Elle doit s’entretenir à Edimbourg avec la Première ministre d’Ecosse Nicola Sturgeon, qui a menacé d’organiser un nouveau référendum d’indépendance si les intérêts des Ecossais n’étaient pas pris en compte.

Mme May est aussi confrontée aux demandes pressantes des dirigeants  européens de mettre en oeuvre rapidement le divorce d’avec l’UE.

« Plus tôt la Première ministre Mme May engagera la procédure de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, meilleure sera la relation future entre l’Europe et le Royaume-Uni et meilleure sera notre propre situation », a déclaré le président français François Hollande.

La 54e chef du gouvernement britannique, première femme à ce poste depuis Margaret Thatcher, est une eurosceptique qui avait rejoint le camp du maintien dans l’UE pendant la campagne référendaire. 

Signe du travail à accomplir, Mme May a créé un ministère spécialement dédié au Brexit, mais c’est surtout la désignation aux Affaires étrangères de Boris Johnson – connu pour ses impairs diplomatiques – qui a retenu l’attention.

Cela est « révélateur de la crise politique britannique », a déclaré le ministre des Affaires étrangères français Jean-Marc Ayrault, ajoutant que « dans la campagne, il a beaucoup menti aux Britanniques ».

En réaction, Boris Johnson a répondu que M. Ayrault lui avait « envoyé une lettre charmante (…) en me disant qu’il était impatient de travailler avec moi ».

– « Relation spéciale » –

Continuant de former son cabinet jeudi, Mme May s’est débarrassée de deux poids lourds du gouvernement de David Cameron, l’ex-ministre des Finances, George Osborne, remplacé par Philip Hammond, et Michael Gove, ancien ministre de la Justice et un des ténors de la campagne du Brexit.

Et elle a nommé Andrea Leadsom, autre figure du camp pro-brexit, un temps sa rivale dans la course à Downing Street, au poste de ministre de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales.

Dans l’après-midi, elle a reçu un appel du président américain Barack Obama qui l’a félicitée et lui a réaffirmé son attachement à la « relation spéciale » avec le Royaume-Uni.

Selon une porte-parole de Mme May, elle lui a déclaré de son côté espérer « des discussions constructives et positives » avec les dirigeants de l’UE.

Fille de pasteur, réputée pour sa pugnacité, mais aussi pour une certaine froideur, Theresa May a succédé à David Cameron, balayé par la tempête du référendum qu’il avait lui-même décidé d’organiser.

Sur le front économique, le nouveau ministre des Finances, Philip Hammond (ex-Affaires étrangères), a assuré qu’il n’y aurait pas de budget d’urgence, et donc pas de nouvelles mesures d’austérité.

Interrogé par la BBC, il a insisté sur l’importance de maintenir un « accès au marché unique de l’Union européenne » pour la puissante industrie financière britannique. 

M. Hammond, dont l’expérience a semblé rassurer les marchés, a rencontré jeudi le secrétaire d’Etat américain au Trésor Jack Lew à Londres.

La Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu de son côté son taux d’intérêt à 0,50%, mais la plupart des membres de son comité de politique monétaire s’attendent à un assouplissement en août.

De nombreux investisseurs avaient anticipé un assouplissement monétaire, ce qui a conduit la livre à monter franchement face au dollar et à l’euro après cette décision. La Bourse de Londres a, elle, terminé en légère baisse (-0,24%).

Le nouveau chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, le 14 juillet 2016 à Londres. © AFP

© AFP OLI SCARFF
Le nouveau chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, le 14 juillet 2016 à Londres

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