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Gels et solutions hydroalcooliques : tous les produits ne se valent pas

La répression des fraudes en métropole vient de rappeler des gels hydroalcooliques, suite à des tests montrant une trop faible teneur en alcool. Alors que les enfants et les enseignants, ainsi que de nombreuses entreprises, reprennent le travail dans le respect supposé des gestes barrières, le point sur les produits qu’on nous demande d’utiliser.

La marque Symex, qui avait été retenue par France Télévisions pour protéger ses équipes, vient de se faire épingler par la Direction générale de la répression des fraudes à Paris. Les tests effectués sur la composition des gels commercialisés par cette marque montrent une teneur de 27% en éthanol, alors que la recommandation de l’OMS est de 70% minimum.

Les gels : plus pratiques, mais moins virucides

Pratique parce qu’il ne coule pas, le gel est notamment préféré dans les lieux accueillant du public qui mettent des produits à disposition de leurs usagers ou de leurs clients. Mais nombre des gels existants sur le marché sont bactéricides et non virucides, « C’est un produit classique, utile par exemple lors d’épidémie de gastro-entérite, » dit un pharmacien. L’utilisation de gélifiants fait mécaniquement baisser la proportion d’alcool dans leur formulation. Les produits à plus fort pouvoir virucide sont donc les solutions hydroalcooliques.

Une norme à rechercher sur l’emballage

Seuls les produits affichant la norme EN 14476, qui doit obligatoirement figurer sur l’étiquette, sont virucides, rappelle l’Agence nationale du médicament. Car un virus est, pour faire court, une molécule de protéine (ADN) protégé par une couche de graisse. L’objectif est donc de dissoudre cette couche de graisse pour que la molécule se disperse et se décompose.

Selon la teneur en alcool, il faudra plus ou moins de temps pour obtenir un résultat. La plupart des consommateurs de produits hydroalcooliques ne respectent pas les temps de contact. Pour rappel, une friction avec ce type de produits doit durer de 20 à 40 secondes selon les recommandations officielles.

Rien ne vaut le lavage des mains au savon

C’est pourquoi de nombreux professionnels de santé rappellent que les gels et solutions doivent être utilisés seulement lorsqu’il n’est pas possible de se laver les mains à l’eau et au savon. Comme Olivier Schwartz, responsable de l’unité Virus et Immunité à l’Institut Pasteur, le déclarait au magazine UFC Que Choisir : « Se laver les mains soigneusement est aussi efficace et moins cher. De plus, le gel ne lave pas. » Et l’efficacité de l’alcool diminue rapidement sur mains humides. Son usage est donc déconseillé sur des mains visiblement souillées. Sans compter que certains incorporent des composants soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens (susceptible d’interférer avec le système hormonal) et d’être cancérigènes, comme le triclosan. Enfin, l’usage de ces produits sur des mains déjà irritées peut contribuer à l’apparition d’allergies voire de lésions cutanées, surtout s’ils comportent des additifs potentiellement allergisants comme des parfums ou des huiles essentielles.

En Polynésie française, plusieurs entreprises sont autorisées à fabriquer ces produits : le Laboratoire de cosmétologie du Pacifique Sud, Heiva Cosmétiques de Tahiti, Tevi ou encore Tikitea. Les pharmaciens sont également autorisés à en fabriquer. Leur commercialisation est soumise aux normes des produits de première nécessité. L’OMS a édicté des règles sur la composition des lotions et des gels, qui ont été incorporées dans l’arrêté du conseil des ministres du 11 mars dernier sur le sujet. Aucune dérive n’a été constatée en Polynésie par la DGAE, avait précisé sa directrice Sabine Bazile le 30 avril dernier, et les contrôles se poursuivent depuis. La DGAE rappelait à cette occasion que ne pas respecter les formulations officielles relevait de la « tromperie aggravée » et exposait les contrevenants à 2 ans d’emprisonnement et jusqu’à 9 millions de Francs d’amende. C’est le cas d’une pharmacienne niçoise condamnée fin avril.

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