EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Gilets jaunes : nouvelle lutte des classes ? – Edito 07/12/2018

Vous êtes d’accord avec moi que ça ne sent pas super bon en métropole en ce moment ? Ce n’est pourtant pas faute d’avoir vu les signes s’installer petit à petit. Mais en haute sphère, apparemment déconnecté de la réalité de millions de personnes, on s’est senti encore une fois pousser des ailes pour alourdir encore un peu plus la charge sur leurs épaules. Et plutôt que de s’écrouler dans un dernier soubresaut avant l’asphyxie totale on rassemble ses forces et on rappelle à nos dirigeants que non, ça ne va pas être possible d’être taillable et corvéable à merci.

Voilà que le pouvoir central confronté à un tel chaos et une telle détermination vacille dans ses convictions et sa suffisance pour faire machine arrière. Le ras le bol est tel et les concessions ma foi très, trop, mesurées, et font office de mesurettes, que non, je ne suis pas très optimiste à propos de ce qui risque de se produire encore ce weekend.

J’ai pu échanger hier avec quelques auditeurs en direct entre 11h et midi dans A vous la parole sur cette antenne et si majoritairement on soutenait l’essence de la mobilisation actuelle des gilets jaunes, bien entendu il n’était pas question d’approuver le saccage et les violences. Car s’il est légitime que la France d’en bas se soulève afin que soit rationalisée les conditions de ce qui n’est qu’une survie, il n’est pas envisageable de supporter, dans tous les sens du terme, les errements des ratés.

Tous ces extrémistes qui ont fait de la lutte anti-système un leitmotiv, pardon un dogme, qui les ont faits s’égaré des chemins qui leur auraient permis de se construire davantage eux-mêmes en se donnant plus de chance de changer leur condition. Ressasser sa frustration et faire grandir sa haine c’est à la fois chronophage et énergivore. Le mouvement des gilets jaunes est ainsi dévoyé lorsqu’il devient une lutte des classes entre elles.

Non les gens aisés ne sont pas tous des fils à papas qui eux-mêmes étaient nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Non les « bourgeois » comme ils sont aussi appelés péjorativement ne sont pas systématiquement des sans-cœurs parvenus qui se désolidarisent du reste du genre humain et de ceux qui ont moins de moyens pour s’en sortir. Tout le monde à son histoire, s’est construit différemment et est souvent passé d’une « classe » à l’autre à la force de son travail, de sa sueur.

Alors oui pour s’ériger en rempart contre une gestion oppressante de nos destinées mais pas en stigmatisant à l’aveugle. Oui pour dire aux puissants que non il n’est pas question de tout supporter,  mais sans abîmer un autre fondement de notre République, notre Fraternité.

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