
Après un mois de suspens, la composition du gouvernement de Sébastien Lecornu a été annoncée depuis l’Élysée ce dimanche. Un exécutif où douze ministres démissionnaires reprennent leur poste, dont Manuel Valls, dont la reconduction était demandée par Moetai Brotherson et d’autres élus ultramarins. Le président du Pays appelait aussi de ses vœux le retour de Yannick Neuder qui devait signer dans les semaines à venir la nouvelle convention Santé État-Pays. Sa nomination, ou celle d’un remplaçant, devrait attendre les discours de politique générale, programmés mardi et mercredi.
Près d’un mois après sa nomination en remplacement de François Bayrou, Sébastien Lecornu a fait ses choix, annoncés ce dimanche depuis le perron de l’Élysée. Des choix dans la continuité du gouvernement précédent : Bruno Retailleau a été reconduit à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, Elisabeth Borne à l’Éducation, Jean-Noël Barrot aux Affaires étrangères, Rachida Dati à la Culture, Annie Genevard à l’Agriculture, Aurore Berger en tant que porte-parole… Douze ministres issus du gouvernement censuré début septembre restent à leur poste complété par d’anciens ministres dont Eric Woerth, en charge de l’aménagement et du logement, Roland Lescure à l’Économie ou Marina Ferrari aux Sports et à la Jeunesse. Principal motif d’étonnement dans la presse nationale : le retour de Bruno Le Maire, qui avait battu le record de longévité au ministère de l’Économie et des Finances entre 2017 et 2024, qui avait quitté Bercy en y laissant un déficit public historique, et qui est désormais installé au Ministère des Armées, occupé depuis 2022 par le nouveau Premier ministre.
Du côté de la Polynésie, on surveillait deux postes en particulier. Celui des Outre-mer, bien sûr, où, comme l’avait demandé Moetai Brotherson et d’autres élus ultramarins lors des rencontres avec Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ces derniers jours, a été reconduit Manuel Valls. L’ancien premier ministre, qui avait participé au « dîner républicain » de l’Elysée mardi dernier, reste ministre d’État et devra, s’il en a le temps, lancer la grande réflexion voulue par Emmanuel Macron sur le statut des Outre-mer. L’autre poste très surveillé à Papeete, c’est celui de ministre de la Santé : Moetai Brotherson et Cédric Mercadal espéraient le maintien en poste de Yannick Neuder, avec qui a été négocié, ces derniers mois, la nouvelle convention santé État – Pays, et qui était même attendu au fenua d’ici la fin de l’année pour une signature. Nommé en décembre « ministre chargé de la Santé et de l’accès au soin », un poste rattaché à un super-ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités. Si la titulaire de ce « paquebot social », Catherine Vautrin, a été reconduite, aucune précision n’a été faite sur ses ministres associés. Le maintien ou non de Yannick Neuder devrait être annoncé après le discours de politique générale de Sébastien Lecornu, programmé mardi à l’assemblée et mercredi au Sénat.
Moetai Brotherson avait assuré il y a quelques jours que Yannick Neuder s’était montré « ouvert » à plusieurs demandes polynésiennes pour cette nouvelle convention, notamment la prise en charge par l’État des molécules onéreuses et des évacuations sanitaires d’urgence. Or, « nous avons eu la désagréable surprise de constater que ces deux points ont été exclus du mandat de négociation donné au nouveau Haut-commissaire, Alexandre Rochatte », précisait-il au micro de Outremers 360°, disant espérer que le prochain interlocuteur soit « à nouveau monsieur Neuder ».
