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Grèce: "un accord à portée de main", pourrait intervenir à l'Eurogroupe du 24 mai (Moscovici)

Sendai (Japon) (AFP) – Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici, a estimé vendredi « un accord à portée de main » sur la reprise du plan d’aide accordé l’été dernier par la zone euro à la Grèce mais bloqué depuis plusieurs mois.

« Il me semble qu’un accord, avec de la volonté, du travail – il en reste – est à portée de main et qu’il pourrait être réalisé lors de l’Eurogroupe du 24 mai », a déclaré M. Moscovici à la presse, en marge du G7-Finances au Japon.

Le 9 mai, les ministres des Finances de la zone euro avaient ouvert la voie à la poursuite de l’aide financière à la Grèce, en saluant les dernières réformes menées par le gouvernement d’Alexis Tsipras, et promis un accord sur l’allègement de la dette fin mai.

Ce satisfecit, notamment sur la réforme des retraites, était la condition sine qua non pour le versement d’une nouvelle tranche de prêt d’au moins 5,4 milliards d’euros dans le cadre du gigantesque troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros décidé dans la douleur en juillet 2015.

Le pays n’a reçu à ce jour que 21,4 des 86 milliards promis, et il doit faire face à une échéance de remboursement de quelque 2,2 milliards à la Banque centrale européenne le 20 juillet.

Le FMI a accentué jeudi sa pression sur les Européens en les exhortant à accorder à la Grèce une « longue » période de grâce sur sa dette et à épargner au pays de nouvelles mesures d’austérité.

Le Fonds monétaire international a été associé aux récentes discussions mais n’a toujours pas décidé s’il contribuerait financièrement à ce nouveau plan de sauvetage, le troisième accordé à la Grèce depuis 2010, et attend d’avoir des certitudes sur la viabilité de la dette grecque, qui caracole à près de 180% du PIB, soit le plus haut niveau de toute la zone euro.

Cette question est sans doute la plus épineuse, plusieurs pays européens dont l’Allemagne se montrant particulièrement réticents à accorder une faveur à Athènes.

Présent au G7-Finances, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem s’est lui aussi montré confiant. « Le gouvernement grec est très constructif », a-t-il dit dans une interview à l’agence Bloomberg News. 

« C’est une situation totalement différente d’il y a un an, nous sommes prêts à faire plus » sur le sujet de la dette. « Espérons que mardi prochain nous parviendrons à l’accord dont la Grèce a besoin et qu’elle mérite ».

Un haut responsable du Trésor américain présent au G7-finances a jugé « tout à fait encourageant » de voir des signes de progrès dans les discussions sur la Grèce.

« Cela signifie qu’il y aura quelques discussions sérieuses sur la restructuration de la dette », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat. « Des actions sérieuses vont être menées par la Grèce sur les engagements qu’elle a pris. Il faudra pouvoir déterminer si la voie choisie est véritablement viable », a-t-il dit.

Les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du Japon, des Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, ainsi que la directrice générale du FMI, Christine Lagarde et le gouverneur de la Banque centrale européenne Mario Draghi, ont entamé vendredi une réunion de deux jours à Akiu, une petite station thermale de la région de Sendai (nord-est du Japon).

Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici à Sendai au Japon, le 20 mai 2016. © AFP

© AFP KAZUHIRO NOGI
Le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici à Sendai au Japon, le 20 mai 2016

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