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Grippe: la pression s'est un peu relâchée, assure Marisol Touraine

Paris (AFP) – La « pression » liée à l’épidémie de grippe dans les hôpitaux s’est un peu « relâchée » grâce aux mesures d’urgence mises en place, a affirmé jeudi la ministre de la Santé Marisol Touraine, assurant que ces établissements n’étaient « en aucun cas débordés ».

« Depuis la mise en oeuvre des mesures que j’ai demandées, (la) pression s’est relâchée », a-t-elle déclaré, affichant sa mobilisation à l’issue d’une réunion à l’Elysée avec François Hollande.

« Les hôpitaux aujourd’hui sont face à une situation de tension, ils ne sont en aucun cas débordés », a-t-elle souligné, se voulant rassurante après des propos alarmants ces deux derniers jours.

La ministre avait évoqué mardi des services d’urgence « aux limites de leurs capacités » en raison de l’épidémie de grippe, intense cette saison, puis incité mercredi les hôpitaux à reporter davantage les opérations non urgentes pour désengorger les services hospitaliers, évoquant la perspective d’un bilan « probablement lourd ».

« J’ai souhaité alerter, il y a quelques jours sur la nécessité de passer à un niveau supérieur de mobilisation de l’ensemble de nos hôpitaux (…). Ce message a été entendu et je remercie les hôpitaux qui ont fait en sorte d’aménager leurs organisations », a déclaré la ministre.

Des hôpitaux « débordés, ça serait s’il y avait des patients auxquels on disait: +il n’y a pas de place pour vous, vous ne pouvez pas être pris en charge+ (…). Ce n’est pas ce qui arrive », a assuré Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, présent à la réunion.

Plusieurs médecins urgentistes ont dénoncé les fermetures de lits à l’hôpital ces dernières années, responsables selon eux de l’engorgement actuel, ce que la ministre a démenti.

Selon le ministère, depuis 2012, « il y a 2.450 lits de médecine en plus et 2.830 lits de soins de suite et de réadaptation supplémentaires ».

Cette situation est le résultat de « 40 ans » de « diminution de lits » et de « gouvernance purement économique », a dénoncé le FN. Le PCF a appelé à « mettre fin à cette course à l’étranglement des services hospitaliers publics par l’austérité et la tarification à l’activité ».

Le chef de l’Etat a « souhaité saluer, remercier la mobilisation des professionnels hospitaliers et appeler à la mobilisation de tous face à cette épidémie », a rapporté Marisol Touraine.

« La vigilance s’impose » alors que « nous sommes en train aujourd’hui de passer le pic de l’épidémie », qui « va donc se poursuivre plusieurs semaines encore », a-t-elle averti.

– « Vague de grand froid » –

D’autant que « notre pays va connaître, dans les jours qui viennent une vague de grand froid, qui va bien évidemment avoir un impact sur la santé de nos concitoyens les plus en difficulté », a souligné la ministre.

Ces derniers jours, « nous sommes passés de 142 à 192 hôpitaux qui ont mis en place les mesures du plan +hôpital en tension+, qui aboutit à ouvrir des lits supplémentaires, rappeler du personnel, transformer des lits d’hospitalisation de jour en hospitalisation permanente », a-t-elle précisé.

Toujours selon la ministre, « trente hôpitaux supplémentaires ont déprogrammé des activités médicales ou chirurgicales, non urgentes (…), pour permettre d’accueillir dans les meilleures conditions les patients malades de la grippe ». 

« Dans mon hôpital, nous avons ouvert 10 lits. Nous étions dans une situation extrêmement tendue en fin de week-end, ces 10 lits ont permis d’améliorer la situation », a expliqué le Pr Dominique Pateron, chef du service des urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris et président du Collège français de médecine d’urgence.

« L’effort doit être poursuivi », a-t-il ajouté, estimant aussi que « cette adaptation qu’on fait au jour le jour mériterait d’être peut-être anticipée par un plan équivalent au +plan bronchiolite+ qu’on connaît pour les enfants ».

Depuis le début de l’épidémie, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe et 52 personnes sont décédées en réanimation à l’hôpital, selon les bulletins épidémiologiques hebdomadaires.

L’hiver dernier, l’épidémie avait touché environ 3 millions de personnes, mais n’avait pas entraîné d’excès de mortalité. Il y a deux ans en revanche, on avait constaté une surmortalité de 18.000 personnes, en partie attribuable à la grippe.

Marisol Touraine le 12 janvier 2017 à l'Elysée. © AFP

© AFP STEPHANE DE SAKUTIN
Marisol Touraine le 12 janvier 2017 à l’Elysée

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