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Grippe: la pression s'est un peu relâchée, assure Marisol Touraine

Paris (AFP) – La « pression » dans les hôpitaux liée à la grippe s’est un peu « relâchée », a affirmé jeudi Marisol Touraine, mais l’épidémie qui bat son plein a donné l’occasion aux professionnels de santé de dénoncer les difficultés structurelles du système hospitalier.

« J’ai souhaité alerter, il y a quelques jours sur la nécessité de passer à un niveau supérieur de mobilisation de l’ensemble de nos hôpitaux (…). Ce message a été entendu et je remercie les hôpitaux qui ont fait en sorte d’aménager leurs organisations », a déclaré la ministre de la Santé, à l’issue d’une réunion avec François Hollande.

La veille, elle avait tenu des propos alarmistes sur l’ampleur de l’épidémie, incitant les hôpitaux à ouvrir de nouveaux lits et à reporter les opérations non urgentes.

« Heureusement que les hospitaliers n’ont pas attendu les recommandations ministérielles de ces derniers jours pour assurer leurs missions », a répliqué la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué, déplorant que les hôpitaux publics « se retrouvent une fois de plus à devoir pallier la désorganisation et le manque de régulation au sein de notre système de santé ».

Le CSMF, principal syndicat de médecins libéraux, a lui aussi peu goûté le côté « donneuse d’ordre » de la ministre, qui a selon eux énoncé « des évidences » en invitant les médecins de ville à traiter le plus possible les malades « à leur cabinet ou à domicile ».

L’engorgement des hôpitaux s’explique notamment par « les messages contradictoires des pouvoirs publics sur la vaccination » et « le manque de moyens attribués à la médecine de ville en matière de prévention », a-t-il accusé.

– « Gérer la pénurie » –

« Si on a libéré des lits hier, ça a probablement amélioré la situation aujourd’hui, mais l’arrivée du week-end va poser des problèmes dans toutes les structures d’urgence et de réanimation », a averti Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France.

Les mesures d’urgence permettent de « gérer la pénurie » mais ne sont pas une « solution » à la « saturation du système de santé », a-t-il ajouté. Au-delà du gouvernement actuel, il blâme « une trentaine d’années de négligence (…) des différents ministres des Finances, qui ont restreint toujours davantage les budgets aux hôpitaux ».

Répondant aux nombreuses critiques, dans le monde médical et politique, qui mettent en cause les suppressions de lits d’hôpitaux pour expliquer les tensions actuelles, le gouvernement a affirmé que « depuis 2012, il y a 2.450 lits de médecine en plus et 2.830 lits de soins de suite et de réadaptation supplémentaires ».

« C’est insuffisant par rapport aux besoins de la population », a rétorqué le Dr Pelloux, affirmant qu’encore aujourd’hui, lors des regroupements d’hôpitaux, le gouvernement exige de fermer « un tiers des lits ». 

L’épidémie de grippe saisonnière, qui a débuté début décembre, devrait atteindre son pic « la semaine prochaine », selon le Pr François Bourdillon, directeur général de l’agence Santé publique France. Certaines régions, comme l’Ile-de-France et PACA, l’ont déjà passé.

L’épidémie va « se poursuivre plusieurs semaines encore », a toutefois averti Marisol Touraine, appelant à maintenir la « vigilance ». D’autant que s’annonce une « vague de grand froid », ce qui augmente le risque pour la santé des personnes fragiles.

Depuis le début de l’épidémie, 784.000 personnes ont consulté un médecin pour une grippe et 52 personnes sont décédées en réanimation à l’hôpital, selon les bulletins épidémiologiques hebdomadaires.

L’hiver dernier, l’épidémie avait touché environ 3 millions de personnes, mais n’avait pas entraîné d’excès de mortalité. Il y a deux ans en revanche, on avait constaté une surmortalité de 18.000 personnes, en partie attribuable à la grippe.

Mercredi, Marisol Touraine avait dit s’attendre à un bilan « probablement lourd ».

Si le virus de cette année est du même type que celui d’il y a deux ans, le vaccin est cette fois mieux adapté, ce qui laisse espérer un retentissement moindre, selon Daniel Levy-Bruhl, responsable de l’unité infections respiratoires et vaccination à Santé publique France.

Marisol Touraine le 12 janvier 2017 à l'Elysée. © AFP

© AFP STEPHANE DE SAKUTIN
Marisol Touraine le 12 janvier 2017 à l’Elysée

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