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Hamon investi alors que la gauche se remet à y croire

Paris (AFP) – Une semaine après sa nette victoire à la primaire du PS et de ses alliés, Benoît Hamon sera officiellement investi dimanche par le parti socialiste, avec le souci d’envoyer des messages pour rassembler les siens sans abandonner le « cap » de sa ligne.

A la Mutualité à Paris, devant environ 2.000 personnes attendues, l’ancien ministre et actuel député va lancer sa campagne, mais la « famille » socialiste sera loin d’être au complet.

La maire de Paris Anne Hidalgo prononcera la première intervention, et l’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira la dernière, avant un discours d’une heure de M. Hamon.

Entre les deux, des prises de parole du président de la Haute autorité des primaires citoyennes Thomas Clay, du président des Jeunes Socialistes Benjamin Lucas, du Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis.

Mais aussi cinq « cartes blanches » à la société civile, une ouverture signant la volonté du candidat de s’adresser à la gauche bien au-delà des ténors du PS, dont une partie continue de lui tourner le dos.

Si Arnaud Montebourg et Vincent Peillon seront là, ce ne sera pas le cas de Manuel Valls, qui avait fait savoir dès le lendemain de sa défaite qu’il serait absent. 

Du côté du gouvernement, Matthias Fekl, Axelle Lemaire, Thierry Mandon, Laurence Rossignol, Harlem Désir, Christophe Sirugue ont confirmé leur présence, mais la majorité des poids lourds, dont le Premier ministre Bernard Cazeneuve, se sont fait excuser.

Malgré ces défections, l’ancien ministre de l’Education s’est dit « serein sur le rassemblement » dans un entretien au Monde paru samedi, persuadé qu' »il se fera ».

Tout en gardant son « cap », M. Hamon devrait montrer dans son discours sa « volonté de rassemblement », selon son entourage. « Mon projet peut être enrichi », notamment sur l’Europe, a réaffirmé au Monde le candidat, se disant par exemple « confort(é) dans l’impératif besoin de construire une stratégie de défense européenne » après sa discussion avec François Hollande jeudi.

– ‘Pas de fracture’ –

Depuis une semaine, plusieurs signaux sont au vert pour l’ancien « frondeur ». L’hémorragie de socialistes en direction d’Emmanuel Macron, prédite par beaucoup, n’a pas eu lieu, pour l’instant en tout cas.

« Je note que les personnalités qui refusent ou qui émettent des réserves sont très peu nombreuses. C’est quinze personnes sur 250 députés (…) Il n’y a pas de fracture », s’est félicité samedi matin sur Europe 1 un des porte-parole de M. Hamon, Alexis Bachelay, une allusion au « droit de retrait » invoqué mardi par des députés du « pôle des réformateurs ».

Lors du meeting d’Emmanuel Macron à Lyon, le sénateur Gérard Collomb a pourtant assuré samedi après-midi que « près de 200 parlementaires » de gauche et de droite étaient dans la salle. Mardi, devant le Bureau national du PS, Jean-Christophe Cambadélis a conservé une « ligne souple » envers les socialistes tentés par M. Macron. « La ligne rouge, c’est le parrainage », non le simple soutien, a expliqué à l’AFP la porte-parole Corinne Narassiguin.

Les sondages apportent aussi de bonnes nouvelles au candidat PS, avec un bond d’environ dix points depuis la victoire de cet outsider de la primaire. La dernière enquête BVA-Salesforce le crédite de 16 à 17% d’intention de vote, plus très loin derrière François Fillon (18 à 20), empêtré dans le « Penelopegate », et Emmanuel Macron (21 à 22%).

Troisième motif de satisfaction, pour celui qui souhaite construire un contrat de gouvernement avec les écologistes et La France insoumise: EELV a rendu publique jeudi soir une lettre appelant à un dialogue avec Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon « pour construire un projet commun ».

Les discussions sont logiquement plus difficiles avec Jean-Luc Mélenchon, qui a souligné mardi dans une vidéo qu’il lui serait difficile de « former une majorité parlementaire » avec M. Hamon si celui-ci emmène avec lui des gens que l’un et l’autre « ont combattus pendant des années » -citant Myriam El Khomri, Bruno Le Roux, Manuel Valls.

« Entre eux et nous, choisissez », a intimé M. Mélenchon. « Je ne suis pas là pour proposer des têtes », a répondu M. Hamon.

Benoît Hamon, le 29 janvier 2017 à Paris après sa victorie à la primaire du Parti socialiste
. © AFP

© AFP/Archives CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Benoît Hamon, le 29 janvier 2017 à Paris après sa victorie à la primaire du Parti socialiste

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