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« Harmonisation » des notes du bac : les parents vont déposer des recours

Le relevé de notes de l’une des classes de 1ère du lycée Samuel Raapoto. Aucun élève n’avait de note inférieure à 12 en histoire-géographie. ©CP/Radio1

Après une rencontre au vice-rectorat, les élèves des classes de 1ère du lycée Raapoto et leurs parents ont décidé de déposer des recours contre la baisse de leur moyenne en contrôle continu décidée par la commission d’harmonisation. Le vice-rectorat leur a expliqué que les notes du contrôle continu sont, depuis la réforme Blanquer du baccalauréat, considérées comme « provisoires » et que c’est l’Éducation nationale qui a le dernier mot. Les parents vont déposer des recours individuels contre cette décision vécue comme une injustice et une perte de chances.

Il y a quelques jours, les élèves des classes de 1ère générale du lycée Samuel Raapoto ont découvert que leur moyenne de contrôle continu en histoire-géographie et en éducation morale et civique avait été abaissée de 2 à 5 points selon les cas par la « commission d’harmonisation » mise en place par la réforme Blanquer du baccalauréat dans chaque académie. Les parents de plusieurs d’entre eux avaient adressé un courrier au vice-rectorat, demandant des explications sur cette harmonisation au détriment de leurs enfants, et réclamant le rétablissement de la note qui figure sur leur bulletin scolaire. Sur le relevé de notes de l’une des classes, compilé par les parents d’élèves, on pouvait constater qu’aucun des 32 élèves d’une des classes n’avait obtenu de note inférieure à 12 sur 20.

Ce contrôle continu, qui s’étend à présent aux deux dernières années du cycle secondaire, compte pour 40% dans le calcul de points du baccalauréat. Élèves et parents estiment que ces notes revues à la baisse sont pénalisantes, et pourraient faire la différence entre un bac sans mention et un bac avec mention, sésame de plusieurs cursus universitaires. Ils estiment la démarche démotivante pour les élèves aussi bien que pour les professeurs. « Nos enfants n’ont pas travaillé pour rien toute l’année », dit une maman.

©CP/Radio1

Ce mardi matin, une trentaine de parents et leurs enfants étaient au vice-rectorat, et une délégation de 5 d’entre eux a été reçue par le responsable par intérim – le prochain vice-recteur n’est toujours pas nommé, l’ancien est déjà parti et le secrétaire général est absent. Thierry Delmas, le directeur de cabinet de la ministre de l’Éducation, Christelle Lehartel, était également présent. Le vice-rectorat a averti l’Éducation nationale à Paris de cette contestation. À la sortie de la réunion, les parents ne semblaient guère convaincus par les explications qui leur ont été fournies, et sont décidés à déposer un recours contre cette décision, dit une autre mère d’élève.

En milieu d’après-midi, le vice-rectorat a diffusé un communiqué, qui rappelle que la réforme récente vise à redonner de la valeur à un diplôme national. « Il a été indiqué que la procédure d’harmonisation mise en place en Polynésie s’inscrit dans un cadre réglementaire fixé par le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse qui prévoit bien que les notes issues du contrôle continu puissent être harmonisées à la baisse comme à la hausse en cas de discordances manifestes constatées entre établissements pour l’évaluation d’un même enseignement. Ainsi, il a donc été rappelé que la note issue du contrôle continu est une note provisoire : à l’issue de ses travaux, la commission d’harmonisation communique les notes harmonisées au jury du baccalauréat, lequel arrête définitivement la note finale de chaque candidat. » Le communiqué rappelle aussi que la notation durant l’année doit s’appuyer sur un « projet d’évaluation » de l’établissement : il doit, en amont, « combattre les disparités flagrantes au sein d’un même établissement », tandis qu’en aval la commission d’harmonisation veille aux disparités entre établissements sur une même académie par un système qui préserve, assure le vice-rectorat, l’anonymité des établissements et des élèves concernés. Mais l’idée que l’avenir de leurs enfants soit tributaires de décisions basées sur des statistiques ne plaît ni aux élèves ni à leurs parents.

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