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Hillary Clinton mise sur l'emploi pour reconquérir les Américains

Philadelphie (Etats-Unis) (AFP) – Hillary Clinton devait exhorter jeudi les Américains à refuser la voie de la peur incarnée par Donald Trump, promettant, en clôture de la convention démocrate, de relever un à un les défis, avec une priorité absolue à l’emploi.

La candidate démocrate adressera ce message d’espoir d’abord aux Américains frappés par la crise économique et victimes de la mondialisation, une population « oubliée » et attirée par son rival pour l’élection présidentielle de novembre, le républicain Donald Trump.

« Ma mission principale, en tant que présidente, sera de créer plus d’opportunités et plus de bons emplois, et d’augmenter les salaires ici-même, aux Etats-Unis », devait déclarer Hillary Clinton, selon des extraits du discours diffusés par son équipe de campagne.

Elle citera nommément plusieurs régions américaines dont le Midwest industriel, le pauvre delta du Mississippi et le pays sinistré du charbon.

C’est justement en pleine « Rust Belt », en Pennsylvanie et dans l’Ohio, qu’elle effectuera à partir de vendredi sa première tournée de candidate officielle.

« L’heure de vérité approche une nouvelle fois pour l’Amérique », devait-elle déclarer. « Nous devons décider si nous allons travailler ensemble afin que nous puissions tous nous élever ».

“Nous sommes pleinement conscients des défis auxquels notre pays est confronté. Mais nous n’avons pas peur. Nous serons à la hauteur, comme nous l’avons toujours été », devait également dire l’ancienne chef de la diplomatie.

Comme une réponse au discours martial de Donald Trump, Hillary Clinton martèlera qu' »aucun de nous ne peut y arriver seul ».

– Trump et la Russie –

Deux présidents ont préparé le terrain cette semaine à la tribune du Wells Fargo Center, une salle omnisports reconvertie pour l’occasion.

Bill Clinton a raconté Hillary la femme, tandis que Barack Obama, dans un discours éblouissant, a fait d’elle son héritière politique, louant ses qualités de femme d’Etat et la présentant comme le seul recours contre un homme incarnant selon lui l’antithèse des valeurs américaines, Donald Trump.

« Notre force, notre grandeur ne dépendent pas de Donald Trump », a déclaré Barack Obama, exhortant les Américains de ne pas céder aux sirènes des « démagogues ». « Je vous demande de rejeter le cynisme, de rejeter la peur, d’exprimer ce que nous avons de meilleur en nous, et d’élire Hillary Clinton présidente des Etats-Unis ».

Après cette éloquente prestation du président, Hillary Clinton devra trouver les mots pour susciter l’adhésion des Américains désabusés, sans paraître négliger leurs inquiétudes face à la stagnation des salaires ou la répétition des tueries et des attentats, d’Orlando à Nice.

Elle pourrait recourir, comme elle l’a fait en juin à San Diego, au ton mordant qu’elle avait employé pour railler un Donald Trump mesquin et susceptible, incapable d’assumer la responsabilité du bouton nucléaire.

La déclaration du républicain appelant la Russie, par voie de piratage informatique, à retrouver les 30.000 messages effacés du serveur privé d’Hillary Clinton, était du pain bénit pour les démocrates, qui se sont précipités pour dénoncer son irresponsabilité.

« Evidemment, j’étais sarcastique », s’est défendu Donald Trump sur Fox News.

– Cols blancs –

L’ancienne secrétaire d’Etat sait aussi qu’elle doit stopper la dégradation de son image.

Plus de 55% des Américains ont une opinion défavorable d’elle, selon les enquêtes d’opinion, une cote très dégradée durant les primaires, sous les coups de boutoir des républicains et de son ex-rival Bernie Sanders, qui s’est toutefois rallié au nom de l’unité.

Dans la salle où était attendue Hillary Clinton jeudi, des dizaines de délégués de Bernie Sanders portaient un T-shirt vert vif en guise de protestation, avec cette inscription: « Trop c’est trop ».

Barack Obama a lui-même fait allusion aux mécontents de l’aile gauche du parti, les appelant à la raison face aux enjeux.

Pour départager ces deux candidats mal aimés, l’électorat blanc, qui représentait 72% des votants en 2012, sera déterminant. Actuellement, les Blancs sont favorables à 56% au républicain, selon un sondage CNN. Chez ceux sans diplôme, la proportion monte à deux tiers.

« Le parti démocrate a beaucoup de travail à faire pour retrouver la confiance de ces gens-là », estimait jeudi à Philadelphie Jeff Weaver, proche de Bernie Sanders.

Hillary Clinton espère que son grand oral de jeudi lui donnera une impulsion, alors que Donald Trump l’a rattrapée dans les sondages.

A ce jour, elle a au moins battu l’homme d’affaires dans le nombre de téléspectateurs ayant suivi sa convention, avec entre 24 et 26 millions chaque soir.

La candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, arrive sur scène lors de la convention d'investiture démocrate, le 28 juillet 2016 à Philadelphie, aux Etats-Unis. © AFP

© AFP SAUL LOEB
La candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, arrive sur scène lors de la convention d’investiture démocrate, le 28 juillet 2016 à Philadelphie, aux Etats-Unis

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