Radio1 Tahiti

Hinamoeura Morgant-Cross radiée du groupe Tavini à l’assemblée

La représentante Hinamoeura Morgant-Cross a reçu de son parti un courrier lui signifiant sa radiation du groupe Tavini Huiraatira à l’assemblée, qui lui reproche des « atteintes graves et réitérées à l’intégrité et la cohésion du groupe. » Elle siègera donc en non-inscrite à Tarahoi.

Hinamoeura Morgant-Cross est radiée du Tavini et siégera désormais à Tarahoi en non-inscrite. Elle a reçu un courrier de son groupe à l’assemblée, daté du vendredi 21 novembre et signé d’Oscar Temaru, lui signifiant sa radiation pour « atteintes graves et réitérées à l’intégrité et la cohésion du groupe » qui ne compte donc plus que 37 membres.

La jeune femme, qui a révélé la teneur du courrier à Tahiti-Infos, reconnaît que ce n’est pas une surprise. Elle s’est démarquée du parti bleu ciel à plusieurs reprises depuis son élection à l’assemblée en mai 2023. Son principal objectif, dit-elle, était de « faire avancer le combat contre le colonialisme nucléaire ».

L’électron libre bleu ciel

Très vite, ses interventions, pas toujours précédées d’une consultation avec son groupe, heurtent son parti : sur la limitation du nombre de mandats, un sujet que le Tavini trouve moins pressant depuis son arrivée aux affaires, sur les crédits collaborateurs mis en commun par les élus du groupe, qu’elle semble découvrir et dont elle trouve l’utilisation « opaque », sur le vocabulaire du statut de la Polynésie, qu’elle veut changer, dans son évocation du fait nucléaire, sur les accointances du Tavini avec l’Azerbaidjan, sur la dégradation des soins en oncologie au fenua ou le manque de places de parking au CHPF. Des interventions qui font mouche parfois, qui tombent à plat parfois aussi, mais qui gardent Hinamoeura Morgant-Cross bien présente dans l’œil du public.

Et dès juillet 2024, le président de l’assemblée déclarait à Radio 1 : « Est-ce qu’on a déjà exclu quelqu’un du Tavini ? Pas encore. Mais par contre il y en a qui font tout pour être exclus ». Sur le front communal, le Tavini a déjà sévi : la jeune femme et sa mère se sont fait éjecter, en août dernier, du tomité oire de Mataiea, où le parti les accusait d’avoir brillé par leur absence. Plus récemment, c’était au tour de Moetai Brotherson de marquer son impatience envers la jeune femme.

La représentante dénonçait l’arrivisme de certains élus, mais se refusait à démissionner : « Je suis toujours restée sur la ligne directrice du parti, le programme de 2023 », dit-elle aujourd’hui. Elle ne semble pas vouloir contester la décision : « Je ne me suis jamais sentie bien au sein de ce groupe. Continuer à retourner ma veste, pourquoi ? On a beaucoup critiqué les autonomistes, et nous on fait pareil », dit-elle.

Hinamoeura Morgant-Cross, pour qui l’exclusion ou la démission du parti semble la suite logique, affirme ne pas avoir l’intention de monter son propre mouvement.