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Hollande renonce à un second mandat, une 1ère dans l'histoire de la Ve République

Paris (AFP) – Énorme coup de théâtre: François Hollande a annoncé jeudi soir qu’il renonçait à briguer sa succession à l’Élysée en 2017, une annonce inédite dans l’histoire de la Ve République, qui ouvre le bal de la succession à gauche, au terme d’un quinquennat marqué par une impopularité persistante.

« Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle. Aussi, j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle », a annoncé, la voix blanche, le chef de l’État lors d’une allocution prononcée jeudi soir à l’Élysée.

Élu par 51,6% des voix en 2012 face à Nicolas Sarkozy, M. Hollande devient le premier président de la Ve République à renoncer à briguer à sa succession, exception faite de Georges Pompidou, mort en fonctions en 1974.

Dans une déclaration en direct d’une douzaine de minutes, le président a d’abord dressé, devant un fond bleu uni, le bilan de son quinquennat, marqué notamment par un chômage persistant, la réforme du mariage pour tous ou encore la menace jihadiste.

Il a concédé « un seul regret »: avoir « proposé la déchéance de nationalité.

– ‘Le choix d’un homme d’État’ –

Rapidement impopulaire après son accession à l’Élysée en mai 2012, M. Hollande s’est finalement rangé à l’avis de sondages très défavorables en vue de la présidentielle (23 avril et 7 mai 2017): 9%, 8%, voire 7%, selon les enquêtes d’opinion publiées cette semaine, si le premier tour de la présidentielle avait lieu ce week-end. Avec une humiliante cinquième place derrière François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.

Les Français « pensent que l’obsession du président est de rester président. Mais ce n’est pas la mienne! Je ne veux pas m’accrocher là, à mon assiette, à ma place, surtout dans les conditions où nous sommes », expliquait-il en octobre à l’AFP.

Son mandat, marqué par plusieurs opérations militaires extérieures (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie), fut également celui des pires attentats commis en France depuis la Libération (238 morts): Charlie Hebdo, 13-Novembre à Paris et Saint-Denis, Nice le 14 juillet dernier.

Contraint de changer son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, par Manuel Valls dès mars 2014, après une large défaite aux élections municipales, M. Hollande a également rencontré une forte opposition dans son propre camp, notamment une contestation de plusieurs mois en 2016 contre le projet de loi sur le travail, adoptée à l’Assemblée au moyen de l’article 49-3. Les ravages causés par un livre de confidences à des journalistes du Monde a donné la touche finale à cette impopularité.

Après cette annonce, M. Valls devrait rapidement se déclarer candidat, via la primaire organisée par le PS (22-29 janvier). Le week-end dernier, le Premier ministre avait singulièrement mis la pression sur le président en n’excluant pas, dans les colonnes du Journal du dimanche, de se présenter contre lui dans le cadre de cette primaire, avant de calmer le jeu lundi.

M. Valls a salué jeudi soir « le choix d’un homme d’État ». « Je veux dire à François Hollande mon émotion, mon respect, ma fidélité et mon affection. » 

Les anciens ministres de M. Hollande, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, le député écologiste François de Rugy et le président du Front démocrate Jean-Luc Bennahmias sont d’ores et déjà candidats. La clôture du dépôt des candidatures est prévue le 15 décembre.

– « Sans moi » –

M. Mélenchon (Parti de Gauche), qui a reçu le soutien du Parti communiste, et Yannick Jadot, désigné candidat à l’issue de la primaire d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), sont également candidats à gauche, sans oublier M. Macron (En Marche!).

Ce dernier, qui a quitté le gouvernement en août pour préparer sa candidature à l’Élysée, a jugé « extrêmement digne » l’allocution du président. En réunion publique à Pau, M. Montebourg a salué une « décision difficile et hautement courageuse ».

« C’est un énorme aveu d’échec » et « il ne faudrait pas que ça fonctionne comme une amnistie pour tous ceux qui ont participé à cet échec », a averti M. Mélenchon.

La droite, elle, a déjà son champion: François Fillon. L’ancien Premier ministre de M. Sarkozy a battu à plate couture son ancien président, puis le favori des sondages Alain Juppé, lors de la primaire de la droite, qui a rassemblé jusqu’à 4,4 millions d’électeurs dimanche. « Le président de la République admet, avec lucidité, que son échec lui interdit d’aller plus loin », a-t-il aussitôt réagi.

Depuis sa désignation, M. Fillon devance dans les sondages Mme Le Pen, la présidente du Front national étant régulièrement annoncée au deuxième tour.

Deuxième président de gauche de la Ve République après François Mitterrand (1981-1995), M. Hollande poursuivra ses activités jusqu’au terme de son mandat. Jeudi, il a notamment décoré six personnalités, dont le photographe Raymond Depardon, qui avait réalisé sa photo universelle, et rédigé sa déclaration après quelques consultations de responsables politiques et de collaborateurs.

« La fin », titrait, pour son édition de vendredi, le quotidien Le Figaro. « La capitulation », renchérissait L’Opinion. « Sans moi », résumait Libération.

M. Hollande se rend vendredi et samedi à Abou Dhabi pour la Conférence internationale sur la protection du patrimoine culturel en péril.

Capture d'écran du discours de François Holande, à l'Elysée le 1er décembre 2016. © AFP

© AFP STAFF
Capture d’écran du discours de François Holande, à l’Elysée le 1er décembre 2016

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