EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

HONTEUX : le CESC fait obstacle à l’indépendance des journalistes – EDITO 28/09/2016

Quelque chose d’absolument insupportable s’est déroulé hier au CESC … qui est avant tout là pour faire joli, sorte de sous sénat local qui à l’échelle microscopique de notre territoire est encore une de ces vastes fumisteries pour donner des gages de démocratie à une micro république qui a longtemps été bananière. Ces représentants de la société civile ne voient aucun inconvénient à ce que les journalistes de la Polynésie française restent encore pendant un bon moment sans aucun statut pour les protéger.

Ils devaient hier se prononcer sur un projet de loi de pays permettant à la profession de bénéficier notamment des fameuses clauses qui existent chez nos confrères de métropole mais pas ici. En cas de changement d’actionnariat ou de ligne éditoriale, un professionnel a le droit de faire rompre son contrat de travail, dans de meilleurs conditions qu’une pure démission, s’il estime qu’il n’aurait plus toute l’indépendance dont il a besoin et qui est pourtant censée caractériser sa profession.

On touche là à certains fondamentaux du journalisme, permettre à des professionnels d’éviter l’asservissement afin de vous informer, de vous dire la vérité, sans pression. Mais ça, ça ne plait pas aux conseillers du CESC. Pour eux, il existe un « contexte local » dont il faudrait davantage tenir compte au lieu de transposer littéralement le modèle métropolitain. Quelle étrange et nauséabonde manière de penser. Pour qui ils se prennent, qui sont-ils pour vouloir chercher, voire créer, des spécificités, pour garantir le B A BA d’une profession qui est censée fonctionner pareil à Paris, Bordeaux, Saint Denis de la Réunion ou Papeete ? Quelle idée de la presse, de sa liberté, de sa protection, ces gens se font-ils ? Ils sont donc, par leurs déclarations, en train de dire qu’en Polynésie il peut exister des « sous » journalistes qui ne mériteraient pas le même traitement qu’ailleurs en France, car au Fenua attention c’est bon de pouvoir faire taire quand on a besoin. Je vous le disais, c’est puant.

Ces gens qui ont évacué le sujet en quelques dizaines minutes pour mettre sur la table le fait qu’ils voudraient voir inscrit dans la loi, que leur mandat soit rallongé lors du prochain toilettage du statut, qu’est ce qu’on pourrait leur répondre ? Que vous ne le méritez pas. Car hier, plus qu’un énième pied de nez au bon sens par une institution de ce pays, vous vous êtes rendus coupables d’une forme de forfaiture envers le peuple. Vous avez bafoué d’un revers de la main, sans aucune élégance dans le geste, le droit de vos concitoyens, que vous êtes censés représenter, à bénéficier d’une information indépendante et objective.

Au prochain toilettage du statut moi je sais pourquoi je vais militer, permettre à notre Fenua de faire des économies en rationalisant la donne, en supprimant cette institution fantomatique, car heureusement son avis n’est que consultatif et qu’avec mes collègues nous misons sur la probité de ceux qui composent aujourd’hui  l’Assemblée de la Polynésie française, la véritable assemblée du peuple.

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8 Commentaires

  1. popoti
    28 septembre 2016 à 15h02 — Répondre

    genre toi t’es un journaliste, tu me fais rire …

    • 28 septembre 2016 à 15h29 — Répondre

      Fais toi plaisir surtout. J’ai même été Charlie alors tu sais…

      • iotua
        28 septembre 2016 à 20h27 — Répondre

        C’est vrai que pour le coup, cet article ressemble plus à un coup de gueule qu’à un article de presse …

        • 28 septembre 2016 à 20h28 — Répondre

          oui et ?… il faudrait faire le dos rond ?…

          • IOTUA
            29 septembre 2016 à 11h16

            Ou simplement faire du journalisme. Donner des détails sur ce que propose ce projet de loi, voire un lien vers une copie de ce projet. Expliciter les raisons avancées par le CESC. Est-ce le même projet de loi qu’en 2012 ? Y a-t-il eu des modifications entre temps ? Est-ce que le dédommagement aberrant énoncé en 2012 par le CESC est toujours une des raisons de leur refus ? Est-ce qu’un projet de loi favorisant l’implantation d’autre organisme de presse écrite ne serait pas également indispensable à une réelle liberté de presse ?

            Votre coup de gueule est plus que légitime, j’aurai même plutôt dit qu’on ne vous entend pas assez pour le coup. Mais cet article, ce n’est pas de l’information. C’est juste un coup de gueule digne d’un article de presse à scandale.

            Et encore une fois, pour préciser, c’est pas une attaque personnelle, c’est une critique de cet article .

          • 29 septembre 2016 à 11h30

            vous êtes risible malgré vous, vous reprochez à un édito/billet d’humeur de remplir parfaitement son office. Pour les articles de fonds ce sont mes collègues de la rédaction qui s’en occupent et notamment sur ce sujet.

  2. patou tahiti
    29 septembre 2016 à 7h30 — Répondre

    Au moins alexandre dit tout haut ce que beaucoup n arrêtent pas de dire par derrière et sous des pseudos. Journaliste ou pas il dénonce. Popoti et Iotua c est tout ce que vous avez à débattre sur cette décision du Cesc. C est super constructif de votre part. C est sûr vous feriez d excellents journalistes avec une analyse pareille.

  3. iotua
    29 septembre 2016 à 13h26 — Répondre

    Oops … alors au temps pour moi. J’irai râler sur des articles de presse la prochaine fois.

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