EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Humanité à crédit : les ressources de la Terre en 2017 déjà consommées – Edito 24/08/2017

Depuis le 2 août dernier nous avons franchi un cap dangereux, inquiétant. L’humanité vit à crédit. Cela veut dire qu’à cette date elle avait déjà consommé toutes les ressources naturelles que notre planète est capable de produire en une année. On appelle ça le « jour du dépassement de la Terre ». C’est calculé tous les ans grâce à plus de 15 000 données fournies par les nations unies. Nous vivons donc déjà sur nos réserves. En une année pour nourrir les humains et alors que certaines populations crient pourtant famine il nous faut l’équivalent de 1,7 planète Terre. Et la situation ne va pas aller en s’améliorant. Selon de sérieuses projections, si cela continue à ce rythme en 2030 il nous faudra déjà 2 planètes.

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, dans Le Monde je lisais que les USA auraient besoin de 5 planètes par an tandis que la Chine 2,1. Intéressons nous justement à ce pays qui compte plus d’un milliard quatre cent mille habitants. L’espérance de vie augmente avec un meilleur accès au soin, et la politique de l’enfant unique fait partie du passé. Leur société se modernise, leurs besoins vont croissants. Vous comprenez ainsi un peu mieux pourquoi des investissements comme ceux de Hao peuvent se faire. Car ils n’ont pas le choix. Il faut augmenter les capacités de productions de notre planète pour envisager un futur où on mange à sa faim. Quand l’homme d’affaire Wang Cheng comme le rapporte notre rédaction annonçait hier qu’il serait prêt à aller au-delà des 150 milliards FCP d’investissement initialement prévus en créant d’autres fermes aquacoles sur d’autres atolls comme l’y autorise déjà le Pays sur le principe, c’est parce qu’évidemment qu’il sera impératif de produire toujours plus, car le monde reste sur sa lancée. Une dynamique gloutonne qui met l’humanité en péril.

Des centaines d’emplois locaux seront créés, des centaines de millions de francs pacifiques de retombées économiques pour notre Territoire verront le jour, donc si en plus comme on nous l’a promis des garanties écologiques sont strictement mises en place, c’est tout bénef pour la Polynésie. Mais à plus large échelle, à celle de notre espèce tout entière il y a là un motif de remise en question très sérieux car à un moment donné dans moins d’un siècle toutes les fermes aquacoles du monde ne suffiront plus.

Sans une prise de conscience profonde, qui au moment le plus critique finira par être imposée, sur notre manière de gérer notre démographie, notre consommation, le partage équitable de nos ressources et surtout un contrôle sévère du gaspillage, nous allons droit dans le mur. Et à moins d’accepter que notre futur soit celui de se nourrir quasiment exclusivement d’insectes puis de protéines de synthèse, on aura eu tout faux car en cours de route on se sera entre-tués et déshumanisés.

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1 Commentaire

  1. 27 août 2017 à 7h43 — Répondre

    Les conséquences de la démographie seront les pires problèmes auxquels l’humanité va devoir faire face dans quelques années lorsque les matières premières seront rares ou auront disparues.

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