EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Hura Tapairu : mafatu no Porinetia – Edito 06/12/2015

Quand un ami qui bosse à la maison de la culture m’a gentiment invité à la soirée de finale du Hura Tapairu de samedi j’étais ravi. Un tout petit peu moins quand il m’a dit que le show débuterait vers 16h pour se finir vers 20h … Ma première question fut : « Mais tu es en train de me dire que les gens vont rester dans la salle pendant plus de 4h sans pouvoir aller aux toilettes ? ». Dans ces cas là je dois bien avouer que je suis très terre à terre. Il m’a rassuré en me disant qu’évidemment le but n’était pas de souiller le grand théâtre par quelque accident naturel que ce soit, et que s’il fallait sortir, on pouvait.

Après je ne vous cache pas que 4h de show d’affilée, je me suis demandé si j’allais pouvoir le supporter. J’adore la danse tahitienne, mais là ça faisait peut être un peu too much. Et puis après tout, allez, haut les cœurs, j’y suis allé. Et qu’est ce que j’ai bien fait … Ce Hura Tapairu pour moi c’est vraiment une révélation. Quel bonheur de sentir un esprit de liberté bien plus présent qu’au Heiva i Tahiti, un concours de danse où la création n’est pas bridée, où toutes les tentatives artistiques sont permises pourvu que l’art s’exprime au plus juste de l’inspiration des chorégraphes et des auteurs. Et que dire de cette catégorie Mehura, qui a encore un déficit de notoriété qu’elle comble petit à petit. Quelle magie, quelle poésie, de voir la jeunesse polynésienne se mouvoir et s’exprimer dans une douceur et une grâce qui est là pour vous rappeler que l’âme de notre pays c’est on incroyable richesse culturelle et le génie des générations d’artistes qui se succèdent pour la faire fructifier.

Le Hura Tapairu ce sont des troupes plus réduites, une scène plus exiguë, et en fait j’estime que cela demande encore plus de rigueur que pour le Heiva. Mais il n’y a pas à comparer les deux, il est bon qu’ils coexistent car ils sont parfaitement complémentaires. J’ai juste apprécié qu’ici la liberté qui est donnée aux artistes en dehors des codes voire même d’un certain dogme finit par fédérer tout le monde et est la recette anti polémique par excellence. Ce que je retiens de ces trois heures et demi de show que je n’ai pas vu passé. C’est de la beauté, de l’émotion, de la grâce et du talent. Ils étaient tous bons. Personne n’a démérité, personne n’a fait une contre performance. Lorsque je vois un étudiant en droit, danser à côté d’une vendeuse de magasin, elle même pas loin d’un manutentionnaire, je sais qui ils sont en vrai, mais là ils sont tous à la même mesure, tous fédérés au même niveau pour faire vivre l’amour de leur culture, l’adoration de leur pays. Ces moments de communion artistiques avec le public sont à prendre comme des cadeaux de la vie, de bien belles illustrations du savoir vivre ensemble. La Fontaine, je boirais bien de ton eau, et à ce titre je dirais : « alors dansez maintenant » …

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