EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Il est où le bonheur ? – Edito 20/03/2017

Ce lundi 20 mars on est censé célébrer la journée mondiale du bonheur. Non ce n’est pas une blague, c’est même très sérieux. Elle a été officiellement adoptée par l’ONU en 2012 à l’unanimité des états membres, sans aucun  véto. Dans un monde où la recherche de la performance économique semble primer avant tout le reste il était question il y a 5 ans déjà de mettre à l’honneur un indicateur certes moins facilement chiffrable, cernable, voire même palpable, mais ô combien important pour tout être humain où qu’il vive sur notre planète.

L’argent n’est pas tout. Le cadre de vie serein et sécuritaire dans lequel nous évoluons, la bienveillance d’autrui sur laquelle nous pourrions compter, notre accès facilité à la connaissance, à l’éducation, notre évolution dans un environnement préservé sont, entre autres, eux aussi absolument primordiaux.

C’était le but de l’instauration de cette journée mondiale du bonheur finalement très méconnue : réaliser que notre subsistance et notre évolution en tant qu’espèce intelligente ne peut se penser dans une quête de progrès qu’à la condition que les mondes de la finance et de la politique ne nous enferment pas dans un carcan qui nous fait oublier tout le reste.  Le vœu est finalement resté pieux vous ne pensez pas ?

Parce que nos plus hauts responsables ont majoritairement cédé au diktat des multinationales dont le lobbying intensif intervient dans toutes les strates du pouvoir, pour préserver les intérêts de quelques-uns, c’est finalement la qualité de vie de tous les autres qui en a pâti. Avant de s’intéresser à notre vie à nous, ceux qui nous dirigent ont fait en sorte que 62 personnes possèdent en 2016 autant que la moitié de la population mondiale, soit environ 3,5 milliards d’individus. Et si on creuse un peu plus, 8 personnes sur la planète détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre du genre humain. C’est tout simplement affligeant, même indécent. Comment peut-on continuer de soutenir un système qui s’illustre de cette manière, et quand il déraille, brise encore un peu plus ceux qui en ont le moins ? Comment dans ces circonstances voudriez-vous que l’on célèbre cette journée du bonheur quand les inégalités n’ont de cesse de se creuser ?

Par la prise de conscience de ce à quoi nous aspirons, de ce que nous ne voulons plus. Le travail sera de longue haleine pour que ça change mais nous pouvons y parvenir, nous tous, en arrêtant de croire que la politique nous dépasse, que de toute façon ils sont tous pourris. S’ils le sont en effet presque tous, ce n’est sans doute pas en nous mettant des œillères et en nous complaisant dans le rejet de ce que nous ne prenons pas le temps de comprendre que l’on va s’en sortir. « Il est où le bonheur, il est où ? » … juste là, à notre portée en fait, à condition de cesser de laisser toujours aux mêmes le soin de nous l’enlever.

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