EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Il est temps de dire « nana » aux sacs en plastique – Edito 09/06/2017

Avez-vous une idée de combien de temps met un sac plastique pour se bio-dégrader ? C’est à dire disparaître de lui-même par l’usure du temps ? Avant de vous le dire, je vais vous donner des points de repère : un mouchoir en papier c’est 3 mois, un mégot de cigarette entre 1 et 2 ans, un chewing-gum 5 ans, une canette en aluminium 200 ans. On en apprend des choses n’est-ce pas ? Donc j’y viens, un sac plastique c’est 450 ans. Quasiment un demi millénaire durant lequel il aura pollué l’environnement et potentiellement causé la mort d’organismes vivants.

On le sait pertinemment mais continue d’en produire des centaines de milliards tous les ans à l’échelle de la planète alors que l’industrie a reconnu que ce n’était même pas rentable à recycler à plusieurs degrés. Plus de ressources seraient utilisées par rapport à ce que cela pourrait produire, et économiquement c’est donc un non-sens.

En vivant sur une île nos sacs plastiques ultralégers finissent par milliers dans les océans, causant la perte notamment, mais pas seulement, des tortues marines qui les ingèrent en pensant manger des méduses. Et nous contribuons à faire grossir encore, tenez-vous bien un nouveau continent artificiel en plein milieu du pacifique nord entre Hawaï et la Californie. Il atteint actuellement 3,5 millions de kilomètres carrés. C’est tout l’écosystème marin de nos océans que nous Polynésiens, alors que nous en sommes hyper dépendants, nous continuons de transformer et pourrir parce que nous ne changeons pas.

Une jeune et dynamique association locale « Nana sac plastique » est très active sur les réseaux sociaux pour nous faire prendre conscience de tout ça et depuis peu elle a rédigé une charte du commerçant qui a été approuvée par la Direction de l’Environnement. Mais elle ne repose que sur le volontariat, seuls ceux qui le veulent peuvent passer à l’après sac plastique à usage unique. Et hier un tout premier magasin de Papeete l’a signé, et n’en fournira plus. Bravo.

La prise de conscience se généralise, vous-même après cet édito je suis certain que ça vous a touché. On trouvera autre chose que des sacs plastiques pour transporter nos courses. Alors, toi dont le prénom veut dire l’amour de l’océan, Heremoana, Monsieur le Ministre de l’Environnement, je me doute que tu ne passes pas tes journées à enfiler des perles, toutefois ce serait précisément LA loi de Pays qui marquerait un avant et un après et que tu n’aurais aucun mal à faire passer à l’Assemblée. Nous le savons, le volontariat ne suffira pas. Surtout qu’une telle loi existe à présent en Métropole. Il n’y plus de temps à perdre, faisons quelque chose qui prouve que la Polynésie peut montrer l’exemple et contribuer à sauver le Pacifique et peut-être même la planète.

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