EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Il faudrait plutôt consacrer l’Humain au quotidien – Edito 09/03/2021

A la base je ne voulais même pas en parler, c’est pour ça qu’hier alors que cela pouvait être vu comme une occasion je n’ai pas marqué le coup. Au fond de moi je trouve cela en fait affligeant d’en être en 2021 à en faire tout un foin sur la journée internationale du droit des femmes. Ce n’est pas qu’elles ne le méritent pas tant les inégalités sont encore absolument flagrantes, mais de mon point de vue je le perçois comme une béante blessure morale ressentie par l’humanité dans son ensemble.

Toutes les lignes sont en train de bouger, d’une bien drôle de manière, à propos de la « genrification », néologisme servant à désigner le fait de définir untel comme un homme, une femme, un non-binaire, etc. Et parallèlement à cela on estime donc qu’il est toujours de bon ton d’en faire des caisses sur un genre en particulier qui serait en souffrance plus que les autres. C’est au quotidien pourtant, que chaque journée qui passe devrait être celle du respect de l’autre, quel que soit son sexe, et de son inclusion dans un grand tout de l’égalité universelle.

Dis comme ça j’ai bien conscience que cela fait naïf, on risquerait même en choisissant ce parti pris de passer à côté de la mise en lumière, de la dénonciation, de certains méfaits, d’exemples parlant visant à faire la démonstration de ce qui ne fonctionne pas encore en fonction de si on est né de sexe féminin ou pas. Mais notre société hyper connectée, surinformée, a-t-elle encore besoin d’avoir recours à une méthodologie archaïque pour traiter à date précise d’une problématique récurrente de société ?

Les forces vives n’attendent pas elles, elles portent à bras le corps à longueur d’année une lutte visant à vulgariser des valeurs qui devraient pourtant déjà être ancrées dans les fondamentaux de notre vie en communauté, tous profils confondus. Il n’y a pas un mois qui passe, voire souvent moins, sans qu’un fait médiatique n’aborde le misérabilisme du genre humain dans la manière dont ses congénères interagissent entre eux sur ces enjeux. Ce n’était pas le cas au moment où cette socialiste allemande porte l’idée d’une journée internationale du droit des femmes instaurée en 1910.

Pour résumer je dirais donc que nous sommes en 2021, que le monde a changé, et qu’il continue d’évoluer encore, aussi, peut-être y a-t-il d’autres moyens à chercher et mettre en œuvre plutôt que de continuer à célébrer des dates dont l’effet pervers est aussi de renforcer l’idée d’un antagonisme entre les genres. Donc vive les femmes, mais aussi vive les hommes, vive les non-binaires, et tous ceux qui viendront après.

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