EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Il y a 40 ans la radio libre gagnait elle aussi – Edito 10/05/2021

Il y a précisément 40 ans François Mitterand devenait Président de la République française, et pour la première fois depuis l’instauration de la Vème république c’est un socialiste qui emménageait à l’Elysée. Ce n’est pas son héritage politique que j’aimerais aborder aujourd’hui mais plutôt certaines des avancées culturelles en France dont il a été à l’origine.

Une des plus notables, et vous comprendrez aisément pourquoi je l’aborde, c’est la libéralisation des ondes. 2021 équivaut donc aussi aux 40 ans de la radio libre. Pour être tout à fait exact c’est en novembre que l’on pourra souffler les bougies, mais aujourd’hui marque quelque part le début des festivités. Imaginez une époque sans internet – certains qui m’écoutent en ce moment l’ont évidement connu – une société où la faculté de s’exprimer publiquement via les ondes était un monopole d’état. Les radios pirates pullulaient bien entendu mais étaient éphémères car rapidement brouillées. Et en 1981, avec l’arrivée de la gauche et de Mitterand au pouvoir, les clandestins ont enfin la possibilité d’émettre avec pignon sur rue même s’il faudra encore attendre un petit moment avant d’obtenir le droit de diffuser de la pub.

La radio apparaît comme le média populaire par excellence, elle devient l’illustration d’une démocratie qui s’ouvre et qui vit. Les opérateurs privés de télévision ont dû s’armer de patience, ce n’est qu’en 1987 qu’eux ont eu le droit de posséder une concession et d’émettre.

A l’heure de l’explosion des services de streaming musicaux illimités à la demande, des fils d’actualité de réseaux sociaux qui deviennent des agrégateurs de contenus audiovisuels, les chaînes Youtube, Twitch et j’en passe c’est avec beaucoup de lucidité qu’il est pertinent de s’interroger sur le futur du média radio. En Polynésie où l’usage des nouvelles technologies est moins implanté dans le quotidien d’une majorité de concitoyens par rapport à la métropole, le péril parait moins immédiat. Mais inexorablement, les usages évoluant, les choses vont changer.

Je ne crois pas en une disparition de la radio. Le succès des plateformes d’écoute de podcasts prouve qu’il y a encore largement de la place pour un média qui ne diffuse pas d’images animées dans son flux principal. Ce qui lui permettra de vivre encore longtemps repose sur deux piliers : celui d’exister en parallèle de son antenne en communiquant avec sérieux et qualité ses contenus principaux et d’autres partout où il y a un public pour les consommer ; et l’autre c’est celui de s’astreindre à fédérer des talents qui font la différence. Un chantier d’envergure qu’en toute humilité Radio 1 qui fêtera aussi ses 40 ans cette année s’est entrepris à lancer depuis un petit moment déjà. Elle sera donc là encore longtemps. Merci pour votre fidélité.

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