
Une motion de défiance contre le Premier ministre des îles Cook Mark Brown et son gouvernement sera soumise au vote du parlement lundi 17 février. Elle fait suite aux positions adoptées par Mark Brown face à la Nouvelle-Zélande, sur la citoyenneté Cook, et sur un accord de coopération signé avec la Chine dont le contenu précis n’a pas encore été rendu public.
Le Premier ministre des îles Cook est confronté à une motion de défiance déposée par l’opposition après les tensions récentes que les prises de position de Mark Brown sur des sujets qui ne sont pas de la compétence de ce « pays associé » à la Nouvelle-Zélande. La motion, annoncée le même jour que la signature d’un accord de coopération avec Pékin, sera débattue au parlement, convoqué pour lundi 17 février.
Alors que 2025 marque le 60e anniversaire de l’accord d’association avec la Nouvelle-Zélande, selon lequel Avarua et Wellington sont constitutionnellement tenus de coopérer en matière de défense et de sécurité. Mark Brown avait de nouveau évoqué en fin d’année dernière sa demande de création d’une citoyenneté propre pour les îles Cook, et la possibilité de délivrer ses propres passeports. L’idée avait été immédiatement écartée par le gouvernement néo-zélandais, qui avait sèchement répondu que si Mark Brown voulait l’indépendance, la discussion pouvait être ouverte et devrait être soumise à la population par référendum. Mark Brown avait alors reculé.
Autre motif de bouderie, la signature ce vendredi d’un « accord stratégique global » avec la Chine dont le contenu n’a pas été rendu public. Mark Brown a déclaré avant son départ pour Pékin que l’accord portait sur le « développement d’opportunités économiques ». Les relations diplomatiques entre la Chine et les îles Cook remontent à 1997, et depuis 2001 la Chine fournit des aides au développement et aux infrastructures.
La course aux ressources minières sous-marines
Mark Brown n’a jusqu’ici pas accédé à la demande de la Nouvelle-Zélande de connaître les termes de ce nouvel accord. « On n’a pas besoin que la Nouvelle-Zélande regarde par-dessus notre épaule », avait répliqué Mark Brown. Les domaines de coopération mis en avant seraient le commerce, l’investissement, le tourisme, les infrastructures, la résilience climatique et les énergies renouvelables, l’agriculture, le transport maritime et le développement des minéraux sous-marins.
Sur ce dernier point, au moins, les Cook et la Nouvelle-Zélande sont à présent sur la même longueur d’ondes. Mark Brown avait été l’un des premiers dirigeants du Pacifique à se prononcer en faveur de l’exploitation commerciale des fonds sous-marins, mais dans la région seuls Nauru et Tonga sont de son avis. La Nouvelle-Zélande avait signé le moratoire international du temps de Jacinda Arden, en 2022, mais son successeur Christopher Luxon semble faire machine arrière. Mardi, le ministre kiwi des Ressources naturelles Shane Jones a déclaré : « Je sais bien qu’il y a une grande part de théâtre et de posture quand les petits pays insulaires se rendent dans les forums internationaux. Nous nous sommes imposé un corset idéologique, que nous n’avons plus les moyens de porter. »
