EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Ils abusent du système sans vergogne Edito 16/10/2020

Il y a ceux pour qui les mesures de soutien économique mises en place pour pallier les effets de la pandémie sont absolument nécessaires voire vitales pour tenir le coup. Et il y a ceux qui sans vergogne y trouvent une manne providentielle, s’engouffrent dans la brèche pour profiter du système. Depuis plusieurs mois j’ai ainsi pu recueillir de nombreux témoignages de personnes qui en ont marre des abuseurs. Ils sont confrontés non seulement à la quintessence de la mauvaise foi mais celle-ci illumine sous un nouveau jour la feignantise latente qui est reine pour beaucoup.

Citons un exemple parmi d’autres, celui de cette illustre et courageuse organisatrice de salons d’artisanat qui du haut de son grand âge m’avait avoué s’être retenue de rentrer dans le lard de certains qui avaient eu l’audace crasseuse de lui dire qu’ils n’en avaient rien à faire d’exposer en ce moment puisqu’ils touchaient des sous sans rien faire. Et ça ce n’est qu’une des confidences que l’on m’a faite sur un état de paresse qui aurait tendance à trop facilement se généraliser quand le contexte le permettrait.

Aussi est-on en droit de s’interroger sérieusement sur le bienfondé de plancher sur l’instauration d’une caisse de chômage universelle au Fenua. C’est à double tranchant car sans être pour autant un ultra libéral, toutes opinions politiques mises de côté, miser sur toujours plus d’assistanat de la part des pouvoirs publics ne va pas dans le sens d’une conception moderne et vertueuse d’une société où tout reste encore possible, d’un paradis en chantier.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas en débattre, bien entendu, car curieusement une des avancées sociétales les plus notables ces dernières années dans certains pays occidentalisés est justement l’instauration d’un revenu universel garanti pour chaque citoyen. Mais il faut faire la différence entre ce qui correspond à un minimum qui permet de rester digne, et la mise en place d’un système qui encourage à s’en contenter et en abuser, et qui devient une usine à gaz.

Tous les modèles sociaux ne sont pas universellement transposables d’un point à un autre du globe. Cela équivaudrait à considérer l’espèce humaine comme une masse lisse et uniforme, alors que nous savons bien qu’elle incarne la somme de toutes nos différences. Ainsi, ce qui marche là-bas peut être un échec ici, et pire, devenir le catalyseur d’une société qui périclite à vitesse grand V.

Il reste à espérer que nous allons vite sortir de cette époque historiquement sombre de notre histoire et qu’un élan visant à tous nous motiver pour nous retrousser les manches sera insufflé, plutôt qu’infantiliser à tout va. C’est vrai que c’est sympa d’être bercé, mais là, c’est bien trop près du mur …

Article précedent

Premier cas de Covid-19 à Wallis-et-Futuna

Article suivant

Journal de 12:00, le 16/10/2020

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Ils abusent du système sans vergogne Edito 16/10/2020