
Après les mouvements de grève d’octobre 2023, de juillet 2024 et celui d’août et septembre 2025, l’intersyndicale composée de la CSTP-FO, de la CSIP, de O oe to oe rima et du Sapot a déposé un nouveau préavis de grève à l’OPT. Les préavis, déposés dans les différentes filiales du groupe, listent pas moins de 25 points de revendication, parlent de « dysfonctionnements persistants », d’une « perte de confiance des salariés » dans une gouvernance jugée « incompétente », d’une dégradation du dialogue social et formulent entre autres des demandes salariales. La grève doit être effective, si le préavis n’est pas levé d’ici là, dès lundi, notamment dans les agences Fare Rata de Tahiti et des îles.
[MàJ 22h00] Ces nouveaux préavis « suspendent et remplacent » ceux qui avaient été déposés en août 2025. Les signataires – responsables de la CSTP-FO, de la CSIP, de O oe to oe rima et du Sapot, syndicat autonome de l’office – y dénoncent avant tout la situation financière toujours difficile du groupe public dirigé par la PDG Hina Delva et les « dysfonctionnements persistants » dans sa gouvernance. Le préavis de la société Onati parle d’une « défiance vis-à-vis du DG », « d’incompétence managériale au plus haut niveau », de « perte de confiance des salariés », de « dégradation volontaire du dialogue social par les directions générales et les DRH », ou encore de « communication interne défaillante ».
Si l’ambiance, les résultats et le « fonctionnement de l’entreprise » sont mis en avant, les questions salariales sont au cœur des revendications. L’Intersyndicale dénonce l’amputation « unilatérale » de certaines primes côté de la holding OPT, de Fare Rata ou d’Onati, demande une revalorisation des grilles, des primes et indemnités, un déplafonnement de la prime d’ancienneté… Et revient sur la délicate question de la régularisation des indemnités de congés payés non payés, question au cœur du mouvement de 2025. Le protocole, qui compte pas moins de 25 points, parle aussi « d’entraves manifestes » au travail des institutions représentatives du personnel, et à des discussions sociales interrompues sur de nombreux points.
Outre les revendications spécifiques à certaines filiales du groupe ou à certaines catégories de salariés (CDD, îles…), le collectif demande, comme c’est le cas depuis plusieurs années, une clarification de la stratégie du Pays pour son établissement public, une reconnaissance et un financement de ses missions de service public sur le long terme, et des engagements sur la pérennité des emplois. Des inquiétudes liées à l’arrivée de Google, à la concurrence – pour l’instant réglementairement limitée – de Starlink et des autres opérateurs spatiaux, et plus globalement à la crise de modèle de l’office. « Nous exigeons que le maintien de l’emploi reste la priorité absolue, écrivent les représentants des quelques 1200 salariés. Pas de restructuration pas de suppressions de postes, pas de casse sociale ».
Autant de points que l’intersyndicale veut évoquer dans une réunion « dans les meilleurs délais ». Sans avancées dans les négociations, la grève sera effective dès lundi à l’OPT et dans ses filiales, et touchera notamment les agences Fare Rata de Tahiti et des îles.
