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Instruction obligatoire à 3 ans à la rentrée 2022


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À partir de la rentrée 2022 l’âge de l’instruction obligatoire sera abaissé à 3 ans, au lieu de 5, en Polynésie. Le projet de modification de la Charte de l’éducation était approuvé par le Cesec le 18 août dernier avec quelques suggestions qui devraient être prises dans le projet de loi en préparation. La mesure nécessitera la création du statut d’aide maternelle en Polynésie. 

Déjà 90% des enfants de 3 ans en Polynésie sont scolarisés dans le domaine public par choix des familles. En métropole c’est une obligation depuis 2019 alors que l’âge de l’instruction obligatoire est encore de 5 ans au fenua. Plus pour longtemps : à la rentrée d’août 2022, la Polynésie s’alignera sur l’Hexagone en modifiant sa Charte de l’éducation pour abaisser l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans. Les parents qui décident de dispenser une instruction à leur enfant à la maison devront motiver ce choix. Outre une raison médicale, une situation de handicap, des activités sportives ou artistiques, une itinérance des parents ou un éloignement géographique, tout autre raison devra être expliquée par une déclaration au ministre de l’Éducation. Une enquête sera réalisée par la mairie pour évaluer les raisons et la pertinence du choix des parents par rapport à l’état de santé de l’enfant et ses conditions de vie. La qualité et le contenu des enseignements sera également évaluée.

Des changements attendus mais qui restent à construire 

Les représentants des personnes concernées par ces mesures se sont montrés prêts et favorables à ces changements. D’une part Diana Yeng Kow, secrétaire générale du syndicat enseignant STIP AEP explique que les enfants de 3 ans « apprennent vite ». Du côté des parents d’élèves, Purea Ateo, la nouvelle présidente de la Fapeep, a elle même « scolarisé son fils à l’âge de 2 ans et demi » et trouve que la scolarisation précoce est une « très bonne chose » tant pour l’enfant que pour les parents qui se voient disponibles pour travailler, explique-t-elle. Le but énoncé est en effet de « développer chez chaque enfant l’envie et le plaisir d’apprendre afin de lui permettre, progressivement, de devenir élève », un accompagnement dès le plus jeune âge pour une meilleure réussite scolaire.

Ces mesures constituent une modification de la Charte de l’éducation qui a été approuvée par le Cesec avec tout de même quelques recommandations. Diana Yeng Kow, qui y siège, rappelle l’avis rendu par le Cesec et « espère que les enseignants aussi seront accompagnés », grâce à la mise en place d’aides maternelles. Actuellement ce sont des taties, employées par les communes, qui assistent les enseignants. Pour assurer une réussite de cette scolarisation précoce, le Cesec recommandait la mise en place de formations dédiées aux aides maternelles ou au moins d’une validation des acquis, un processus qui demanderait a priori des financements de l’État.

Ces mesures n’entreront en vigueur qu’ à la rentrée 2022-2023 « afin de préparer sereinement les parents » à ces changements. La Dépêche de Tahiti rapporte la première réunion d’un observatoire dédié à la scolarisation précoce ainsi que « l’évolution du statut des « taties STP » vers un statut d’agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem) » .

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