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Israël: une loi pour les colons révulse Palestiniens et camp de la paix

Jérusalem (AFP) – Dénoncée comme un crime de guerre, un vol légalisé ou un pas de plus vers l’annexion de la Cisjordanie occupée, la nouvelle loi israélienne en faveur des colons scandalise les Palestiniens et les défenseurs d’une solution à deux Etats.

Adoptée lundi soir par le Parlement israélien (60 voix pour et 52 contre), cette loi autorise l’Etat à s’approprier, contre compensation, des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation en Cisjordanie.

Elle devrait revenir à « légaliser » 53 colonies dites « sauvages » et à exproprier au minimum plus de 800 hectares de terres palestiniennes, selon l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Pour ses promoteurs, la loi protégera les colons d’évictions, en allusion à la colonie « sauvage » d’Amona qui a été démantelée sur ordre de la Cour suprême.

D’ailleurs, les défenseurs des droits de l’Homme et de la cause palestinienne ont annoncé qu’ils saisiraient la Cour suprême israélienne pour la faire annuler.

De Londres au Caire -siège de la Ligue arabe-, en passant par Paris, Berlin, Ankara ou Amman, la loi a suscité une série de condamnations, la communauté internationale s’inquiétant d’un nouveau coup porté à une paix insaisissable entre Israéliens et Palestiniens.

La réaction de la nouvelle administration américaine de Donald Trump a offert un frappant contraste avec cette indignation. La nouvelle loi devrait être attaquée devant la Cour suprême, et « l’administration Trump se gardera de (la) commenter avant toute décision de justice », a dit un responsable du département d’Etat.

– ‘Survie politique’ –

Pendant deux semaines déjà, l’administration Trump avait gardé ses distances face à une rafale d’annonces israéliennes pour la colonisation, enhardissant une droite israélienne qui voit dans la nouvelle administration le début d’une nouvelle époque.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a estimé que la loi « est en infraction avec la loi internationale et aura d’importantes conséquences juridiques pour Israël ».

Le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix Nickolay Mladenov a lui jugé qu’Israël franchissait une « ligne rouge très épaisse » sur la voie d’une annexion de la Cisjordanie.

Aussitôt la loi adoptée, les Palestiniens ont réclamé des sanctions. « Une telle loi signifie l’annexion définitive de la Cisjordanie », s’est alarmée la dirigeante Hanane Achraoui appelant la communauté internationale à adopter des « sanctions avant qu’il ne soit trop tard ».

Le président Mahmoud Abbas, en visite à Paris, a dénoncé « une agression contre le peuple » palestinien.

Pour lui, la loi « autorise le vol des terres palestiniennes privées au profit des colons et légalise de manière rétroactive les colonies sur l’ensemble des terres palestiniennes occupées depuis 1967 ».

La colonisation s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967 et plus de 600.000 colons vivent une coexistence souvent conflictuelle avec environ trois millions de Palestiniens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Par cette nouvelle loi, le Premier ministre Benjamin « Netanyahu fait du vol la politique officielle d’Israël », a réagi La Paix maintenant. Tout cela « pour satisfaire un petit groupe de colons extrémistes et assurer sa propre survie politique ».

– Cour suprême, CPI –

Une grande partie de la communauté internationale voit dans les colonies un obstacle à la paix et à la solution de deux Etats, israélien et palestinien, coexistant pacifiquement.

Mais chez de nombreux défenseurs des colons est ancrée la conviction que ces terres reviennent par la Bible à Israël. « Toute la terre d’Israël appartient au peuple juif », a dit le ministre des Sciences Ofir Akounis. « Ce droit est éternel et incontestable ».

Au sein du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, certains ministres prônent ouvertement l’annexion de la Cisjordanie.

La loi soulève néanmoins une multitude d’interrogations quant à sa conformité avec les textes fondamentaux israéliens et le droit international.  

C’est la première fois qu’Israël applique sa loi civile en Cisjordanie, non seulement à des individus mais à des terres reconnues comme palestiniennes, souligne le professeur de droit Amichai Cohen.

Le procureur général israélien Avichai Mandelblit a prévenu le gouvernement que le texte ne résisterait probablement pas à l’examen de la Cour suprême israélienne et qu’en plus il exposait Israël aux poursuites de la Cour pénale internationale (CPI).

« Le train qui se met en branle aujourd’hui a pour terminus La Haye », où se trouve la CPI, a dit le chef du parti travailliste israélien Isaac Herzog.

« Les responsables israéliens poussant à la colonisation devraient savoir que l’administration Trump ne peut pas les protéger de l’examen de la CPI », à laquelle les Palestiniens ont déjà soumis des dossiers contre Israël, selon Human Rights Watch.

Le député Bezalel Smotrich, l’un des plus ardents défenseurs de la loi, a lui remercié les Américains pour avoir élu président Donald Trump, « sans lequel la loi ne serait probablement pas passée ».

La colonie israélienne de Givat Harsina, le 5 février 2017 à Hébron, dans les Territoires palestiniens. © AFP

© AFP HAZEM BADER
La colonie israélienne de Givat Harsina, le 5 février 2017 à Hébron, dans les Territoires palestiniens

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1 Commentaire

  1. simone grand
    8 février 2017 à 7h37 — Répondre

    Comment ça s’appelle le racisme anti-Palestinien et anti-Jordanien?

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