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iTELE: quatrième semaine de grève, la direction veut faciliter les départs

Paris (AFP) – Des syndicats de la rédaction d’iTELE, qui entame sa quatrième semaine de grève, ont pour la première fois été reçus lundi par un membre du gouvernement, tandis le groupe propriétaire, Vivendi, a proposé de meilleures conditions de départ aux salariés souhaitant quitter la chaîne.

La ministre du Travail Myriam El Khomri a reçu lundi après-midi des syndicats d’iTELE. Elle n’a pas souhaité faire de commentaire après cette rencontre avec trois syndicats du groupe Canal+: +Libres,la  CGT et la CFDT.

Juste avant ce rendez-vous, une source proche de la direction de Vivendi a annoncé à l’AFP que le groupe propriétaire de Canal+ et iTELE proposait aux salariés souhaitant partir un « déplafonnement » des indemnité de départ. Tout en assurant qu’il n’y avait « quasiment plus de points de blocage » dans les discussions. 

Les salariés, de leur côté, ont reconduit leur grève jusqu’à mardi midi pour un 22e jour d’affilée d’arrêt de travail, à 82% des voix (76 favorables, 8 contre, 9 abstentions). Pour la première fois, ils ont tenu leur assemblée générale quotidienne dans le hall de la chaîne puis dans la rue afin de faire voter les pigistes, dont l’accès au bâtiment est limité depuis quelques jours par la direction de Canal+, la maison-mère d’iTELE.

« On attend toujours des propositions écrites de la direction, qui ne manifeste pas d’empressement à sortir du conflit », a regretté Guillaume Auda, un porte-parole des grévistes, en marge de l’assemblée générale. 

« Ils veulent nous broyer », a dénoncé une autre journaliste de la chaîne d’info en continu, alors que de nombreux grévistes se préparent à vivre un premier mois sans salaire.

Les grévistes réclament la mise à l’écart de l’animateur controversé Jean-Marc Morandini, la signature d’une charte éthique, la nomination d’un directeur de la rédaction distinct du directeur général, et plus largement la définition d’un projet stratégique et éditorial « clair et précis ». 

-Un conflit ‘inédit’-

La direction a répondu pour sa part sur le terrain des conditions de départ: le groupe propose un « déplafonnement », pour les salariés ayant plus de 12 ans d’ancienneté, des indemnités de départ, qui étaient jusqu’ici limitées à 24 mois au maximum. Jusqu’à douze ans d’ancienneté, les indemnités sont de « deux mois par année d’ancienneté », selon la même source.

Plusieurs salariés ont déjà annoncé leur départ de la chaîne ces dernières semaines: les journalistes Amandine Bégot et Julien Arnaud, le rédacteur en chef Alexandre Ifi et le chef du service reportage Emmanuel Goubert.

Les grévistes ont reçu lundi le soutien des sociétés de journalistes (SDJ) d’une quinzaine de médias, qui regrettent dans un texte « la manière dont les responsables de Canal+ jouent la montre, en espérant faire céder la rédaction d’iTÉLÉ sans jamais avoir tenté de créer les conditions d’un dialogue sur le projet éditorial contesté par les grévistes ». 

Il s’agit d’un « conflit inédit car il ne porte pas seulement sur des questions économiques et sociales, mais sur ce qui fonde la crédibilité du travail des journalistes : leur indépendance », argumentent ces SDJ.

Ces soutiens s’ajoutent aux nombreux messages reçus sur les réseaux sociaux à travers le mot-clé #jesoutiensiTELE et une pétition lancée par l’association Reporters sans frontières. 

Pour rassembler ces soutiens, les grévistes organisent une soirée mercredi dans la salle parisienne du Bus Palladium, et comptent sur la visite de trois ministres et de plusieurs élus.

Après Nathalie Kosciusko-Morizet, Benoît Hamon ou Jean-Christophe Cambadélis, un des chefs de file des « frondeurs » du PS, Christian Paul, a également apporté son soutien aux grévistes lundi, déclarant dans un tweet qu’ils se battaient pour « l’honneur d’un beau métier ».

Au ministère du Travail, les syndicats ont demandé la mise en place d’une « médiation sociale permettant de sortir de ce conflit dans le respect du droit et des personnes », a expliqué dimanche dans un communiqué +Libres, syndicat autonome et majoritaire du groupe.

Pour le syndicat, « ce conflit est révélateur du malaise et du climat délétère qui s’est installé au sein du groupe tout au long de l’année écoulée ».

Les employés d'iTELE votent la poursuite du mouvement le 7 novembre 2016 à Boulogne-Billancourt. © AFP

© AFP Thomas SAMSON
Les employés d’iTELE votent la poursuite du mouvement le 7 novembre 2016 à Boulogne-Billancourt

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