EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

« It’s a small world after all » – Edito 25/09/2020

Il y a précisément 507 ans, le 25 septembre 1513, un conquistador espagnol nommé Vasco Núñez de Balboa arrive au terme d’une marche interminable à travers la Cordillère des Andes et tombe sur un océan qu’aucun européen encore n’avait découvert. C’est celui où l’on vit, et qui s’appellera océan Pacifique 8 ans plus tard à l’initiative de Magellan qui sera le premier navigateur à trouver un moyen maritime d’y accéder, puisqu’à ce moment là évidemment le canal du Panama n’existe pas. Cependant cela fait alors déjà des siècles que les ancêtres des polynésiens y ont émigrés.

C’est alors en fait un véritable deuxième Nouveau Monde qui s’ouvre à l’exploration pour les occidentaux, avec son lot de tragédies et autres événements funestes dus entre autres aux incompréhensions ou incompatibilités culturelles sans compter les prises de possessions de terres au nom de telle ou telle couronne européenne.

Aussi 5 siècles plus tard lorsque l’on nourrit une haine pour les colons et leurs descendants, qu’on s’insurge contre l’acculturation et la dilution de ses repères identitaires dans le grand tout de la mondialisation, faut-il pour autant maudire Balboa ? Pas Rocky, Vasco, le conquistador dont je parlais au début, merci de suivre.

Je suis de ceux qui pensent que non, que ce soit lui ou un autre d’ailleurs. Car en fait lorsque l’on regarde la grande histoire des conquêtes, quelle qu’en soient les ethnies qui les ont menées à travers le monde, on ne peut que se rendre compte que c’était limite un passage obligé tant ces comportements ont toujours été inscrits dans les gènes des humains.  Quiconque a des moyens technologiques et autres connaissances en avance sur ses congénères lui permettant de les dominer les utilisera dans ce but. J’ai bien conscience qu’on pourrait croire que je prône la fatalité mais il n’en est rien car bien entendu que les enseignements à en retirer pavent, cahin-caha, la voie vers l’âge de la raison pour l’humanité.

A ce titre j’ai personnellement du mal à intégrer la portée de tout raisonnement qui me permettrait d’apprendre et de m’élever lorsque celui qui le dispense est incapable de cacher sa rancœur. Qu’il se complait à se victimiser tant et plus au lieu de d’abord promouvoir la résilience et la force qu’il incarne du fait qu’il existe, qu’il est parvenu à subsister en tant que témoin et défenseur de son identité.

C’est par le dialogue apaisé, le pardon, la patience et l’amour qu’ensemble il sera possible de réparer les erreurs du passé pour tous nous élever. Car comme le disait Ronald Reagan à la tribune de l’ONU en 1987  « Dans notre obsession des antagonismes du moment, nous oublions souvent combien tous les membres de l’humanité peuvent être unis. Peut-être avons-nous besoin de quelque menace extérieure universelle pour prendre conscience de ce lien. Je pense parfois combien nos différences (…) disparaîtraient si nous avions à faire face à une menace étrangère hors de ce monde. », fin de citation. Oui, il n’est pas dit en effet que les conquistadors aliens aient bien plus de principes que les nôtres …

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