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IVG: adoption par le Sénat du texte pénalisant les sites de désinformation

Paris (AFP) – Le Sénat a adopté mercredi la proposition de loi prévoyant de pénaliser les sites de désinformation sur l’interruption volontaire de grossesse.

Les sénateurs ont voté ce texte par 173 voix et 126 contre, dont 115 LR, 7 UDI-UC et 4 non inscrits, après l’avoir modifié. Il doit à présent faire l’objet d’une commission mixte paritaire chargée de trouver un accord entre les deux chambres.

L’objectif du gouvernement est qu’il soit adopté définitivement par le Parlement d’ici à fin février et l’aboutissement de la session, écourtée pour cause d’année électorale.

Créé par une loi de 1993, le délit d’entrave à l’IVG sanctionne le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une IVG en perturbant l’accès aux établissements ou en exerçant des menaces sur le personnel ou les femmes concernées, avec une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende à la clé.

La proposition de loi des députés socialistes et écologistes réformistes, soutenue par le gouvernement, ajoute que l’entrave peut se faire par « tout moyen, y compris en diffusant ou en transmettant par voie électronique ou en ligne des allégations, indications de nature à induire intentionnellement en erreur, dans un but dissuasif, sur les caractéristiques ou les conséquences médicales » d’une IVG.

Les sénateurs ont voté une « rédaction plus recentrée » du dispositif proposée par leur commission des Affaires sociales, prévoyant sans ambiguïté que la communication électronique fait partie des moyens par lesquels peuvent s’exercer les pressions morales et psychologiques, et précisant que les personnes cherchant à s’informer sur l’IVG, notamment sur internet, peuvent être reconnues victimes de ces pressions.

« Notre texte ne modifie pas la définition du délit d’entrave, mais il lève des ambiguïtés, visant explicitement le numérique », a souligné la rapporteure Stéphanie Riocreux (PS).

Mais au nom de la commission des lois, Michel Mercier (UDI-UC) s’y est opposé, considérant qu’il y a un problème de « clarté et d’intelligibilité », et une entorse à la liberté d’opinion.

« La liberté d’expression n’est pas absolue », lui a répondu la présidente de la délégation aux droits des femmes Chantal Jouanno, estimant qu’il ne faut pas, « au nom de certaines croyances, transiger avec les droits fondamentaux ».

« Imaginez-vous une jeune femme entre 16 et 25 ans, qui découvre sa grossesse sans oser en parler à personne, ni à ses parents, ni à ses amis, ni même à son compagnon et le temps court », a souligné de son côté Fabienne Keller (LR). « Alors, elle est conduite sur un site qui, sous couvert de livrer des informations neutres, la trompe », a-t-elle poursuivi. « Nous ne pouvons pas l’accepter ».

« Souvent, les mêmes qui refusent le délit d’entrave et voudraient qu’il y ait moins d’IVG et plus de prévention considèrent que l’éducation à la sexualité n’a pas sa place à l’école et devrait être exclusivement l’affaire des familles », a lancé la ministre des familles Laurence Rossignol. « Je ne comprends pas comment on peut défendre ces sites tout en se disant attaché au droit des femmes à disposer de leur corps », a-t-elle ajouté.

Session du Sénat, le 17 novembre 2016 à Paris. © AFP

© AFP/Archives LIONEL BONAVENTURE
Session du Sénat, le 17 novembre 2016 à Paris

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