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JO-2016 – Dopage: premières exclusions de sportifs russes et premier appel au TAS

Lausanne (AFP) – A dix jours des Jeux de Rio, les exclusions se poursuivent pour les sportifs russes dopés et le combat a glissé sur le terrain judiciaire avec l’appel au TAS de la nageuse Ioulia Efimova, la première à s’insurger contre les critères fixés dimanche par le CIO.

Mardi matin, ce sont cinq nouveaux sportifs russes qui se sont ajoutés aux 13 noms déjà connus dimanche soir: cinq membres de l’équipe de canoë-kayak en ligne, dont Alexander Dyachenko, le champion olympique en titre en K2 200 m, ou Alexey Korovashkov, quintuple champion du monde et en bronze à Londres en C2 1000 m.

Ces cinq céistes et kayakistes ont tous été écartés par la Fédération internationale de canoë (ICF) pour avoir été mentionnés dans le rapport McLaren, qui avait dévoilé le 18 juillet les rouages du système de dopage d’Etat mis en place en Russie depuis 2011, et ce dans 30 sports, dont 20 des 28 sports inscrits aux JO d’été.

Dans la liste des sportifs russes interdits de JO, ils rejoignent sept nageurs, trois rameurs, deux haltérophiles et un lutteur déjà écartés lundi et retirés de la délégation russe pour Rio par le Comité olympique russe (ROC).

Au total, sur les 387 noms présentés le 20 juillet par le ROC pour Rio, ils ne sont donc plus que 302, après l’exclusion de ces 18 sportifs et de 67 des 68 athlètes russes, les premiers à avoir été bannis, par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), le 17 juin.

– Efimova devant le TAS –

Sur ces 18 nouveaux bannis, Ioulia Efimova, quadruple championne du monde et médaillée de bronze sur 200 m brasse aux JO de Londres, est la seule pour l’instant à ne pas avoir accepté sa sanction. Dès lundi son agent a annoncé qu’elle ferait appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse), à la fois contre le CIO, le ROC et la Fédération internationale de natation (Fina).

Il s’agit du premier recours judiciaire contre l’édifice mis en place dimanche par le CIO, consistant certes à sauver le ROC, mais aussi à demander aux diverses fédérations internationales de trier elles-mêmes et de sélectionner les sportifs russes qui ne seraient pas touchés par le scandale de dopage d’Etat.

En confiant cette mission aux fédérations, le CIO avait fixé deux critères stricts: ne jamais avoir été sanctionné pour dopage, quand bien même la peine aurait été purgée, et ne pas être cité dans le rapport McLaren. 

C’est ce premier critère qu’attaque Efimova, contrôlée positive en 2014 à un stéroïde, ce qui lui avait valu une suspension de 16 mois.

– Feu vert du tennis –

Si la Fina et les fédérations internationales d’haltérophilie, d’aviron, de lutte et de canoë ont donc trouvé matière à appliquer les consignes du CIO, cela n’a pas été le cas des fédérations de tennis, d’équitation et de tir à l’arc, qui ont donné leur feu vert à la présence des sportifs russes dans leurs disciplines.

Et on attend toujours la réaction des grandes fédérations du judo, de l’escrime ou de la gymnastique, des sports où le poids de la Russie est conséquent.

Cette décision du CIO de laisser aux fédérations la responsabilité de la présence de sportifs russes à Rio, sans exclure le ROC, a suscité de nombreuses critiques dans le mouvement olympique depuis dimanche.

Après l’Agence mondiale antidopage (AMA), « déçue », et l’Usada (agence américaine antidopage), qui a regretté le « désordre » créé par le CIO, c’est le patron de l’antidopage canadien, Paul Melia, qui a parlé lundi soir d' »abdication » du CIO, et d’une décision « démoralisante et décourageante ».

Le puissant comité olympique américain (Usoc), candidat à l’organisation des JO-2024 avec Los Angeles, est resté beaucoup plus diplomate lundi soir: « Si les fédérations internationales respectent les conditions établies par le CIO (…), nous aurons fait un pas important dans la bonne direction ».

Côté russe, certains sportifs n’ont en tout cas pas attendu pour s’envoler à Rio, comme les escrimeurs et les gymnastes, alors que le gros de la délégation russe devrait elle partir jeudi.

« Le pire est derrière nous », assurait lundi à l’agence TASS l’entraîneur principal des gymnastes, Valentina Rodionenko.

Ioulia Efimova, le 9 août 2015, à Kazan. © AFP

© AFP/Archives MARTIN BUREAU
Ioulia Efimova, le 9 août 2015, à Kazan

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