JO-2016

JO-2016: premier titre olympique pour la France, alors que le dopage fait des vagues

Rio de Janeiro (AFP) – La France a décroché son premier titre olympique mardi, avec le quatuor du concours complet en équitation, reléguant momentanément au second plan la polémique sur le dopage relancée par Camille Lacourt.

Le quatuor composé d’Astier Nicolas, du lieutenant colonel Thibault Vallette, de Mathieu Lemoine et de Karim Laghouag a placé la France sur la plus haute marche du podium à Deodoro, à l’ouest de Rio, devant l’Allemagne et l’Australie.

Cette victoire a couronné une magnifique matinée pour les Bleus, avec le carton des « Experts » du hand contre l’armada de mercenaires du Qatar (35-20), la qualification en quart de finale de la championne du monde 2014 Clarisse Agbegnenou en quart de finale sur le tatami chez les -63 kg, et les qualifications de deux des trois épéistes en huitièmes de finale à l’escrime, avec le N.1 mondial Gauthier Grumier et le champion d’Europe Yannick Borel.

De quoi remettre le sourire sur les visages de Tricolores bien moroses depuis l’ouverture des JO vendredi soir au Maracana, avec une seule petite médaille d’argent décrochée jusque-là par Florent Manaudou et ses partenaires du relais 4 x 100 m en natation.    

-« Il pisse violet »-

Mais pas de quoi non plus éteindre la polémique relancée au coeur de la nuit carioca par Camille Lacourt, après sa 5e place sur le 100 m dos.

« Sun Yang, il pisse violet ! », avait enragé le vice-champion du monde 2015 au sujet du Chinois, après sa victoire sur 200 m libre, la distance qui avait couronné un certain Yannick Agnel en 2012 à Londres. 

« Ca me donne envie de vomir », avait martelé le Français: « Je suis très triste de voir mon sport évoluer de cette façon. J’ai l’impression de voir de l’athlétisme avec deux ou trois dopés dans chaque finale. » 

Les termes sont moins violents, mais l’Américain Phelps ne dit pas autre chose: « C’est triste que de nos jours il y ait des gens contrôlés positifs, même deux fois pour certains, qui ont quand même l’occasion de nager aux jeux Olympiques. Ca m’énerve. »

Ce propos visait la nageuse russe Yuliya Efimova, mais il pourrait en fait aussi concerner un compatriote de Phelps, Justin Gatlin, celui qui sera le principal adversaire de Bolt sur 100 m. Car Gatlin lui aussi a été pris deux fois par la patrouille antidopage, et suspendu cinq ans au total.

Deuxième du 100 m brasse lundi soir, Efimova avait déjà été copieusement sifflée par les spectateurs, furieux de son CV en matière de dopage, avec une suspension de 16 mois pour un contrôle positif à un stéroïde en 2014 puis un nouveau contrôle positif en mars 2016, cette fois au Meldonium, un produit très à la mode dans le sport russe avant son interdiction le 1er janvier.

– Phelps attendu –

C’est ce pedigree qui avait incité la Fédération internationale (Fina) à la priver de JO le 25 juillet, comme six autres nageurs russes, à la suite des révélations du rapport McLaren sur le système de dopage d’Etat en Russie. Mais cette sanction avait été levée juste avant la cérémonie d’ouverture, par le Comité international olympique (CIO).

Une certitude: la parole se libère chez les athlètes, même si le CIO avait bien tenté de calmer le jeu lundi, via son porte-parole, Mark Adams: « Nous encourageons clairement la liberté d’expression, mais en même temps les Jeux c’est le respect des autres et le respect du droit des autres à participer aux compétitions, (…) dans la tranquillité, sans être agressé par les autres ».

Visiblement, ni Lacourt ni Phelps n’avaient entendu.

Concernant Phelps, ce sera encore lui l’une des stars de la journée, à la piscine de Barra. A 31 ans, il s’alignera pour un premier titre individuel à Rio, sur 200 m papillon, l’une de ses distances de prédilection qu’il a remportée à deux reprises aux JO (2004, 2008).

Il devrait ensuite plonger à nouveau pour participer au relais 4×200 m avec l’équipe des Etats-Unis, vingt-quatre heures après avoir décroché son… 19e titre olympique -pour un total de 23 médailles en cinq JO- dimanche sur 4×100 m.

Combien aura-t-il de médailles en fin de journée: 24 ou 25 ? Et en or: 20 ou 21 ?

Les Français sont à des années-lumière de ces comptes de riches. Mais l’or du concours complet, après l’argent des relayeurs, a peut-être enclenché la machine bleue.

Dans l’après-midi mardi, d’autres  médailles pourraient tomber dans l’escarcelle française: avec Astier Nicolas encore, en concours complet individuel d’équitation, et pourquoi pas du côté du canoë slalom, avec Denis Gargaud, très bien placé pour conserver un titre décroché trois fois par un certain Tony Estanguet, en 2000, 2004 et 2012.

Le Marseillais succédera-t-il au Palois, désormais membre du CIO ? Réponse vers 16h00 à Rio (21h00 en France).

Le cavalier français Astier Nicolas au concours complet des Jeux de Rio, le 9 août 2016. © AFP

© AFP John MACDOUGALL
Le cavalier français Astier Nicolas au concours complet des Jeux de Rio, le 9 août 2016

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