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JO-2016: Vente illégale de billets, Lavillenie hué et en larmes: les JO de Rio dérapent

Rio de Janeiro (AFP) – Lavillenie en larmes mardi soir, hué sur le podium, le patron des Comités olympiques européens (EOC) arrêté quelques heures plus tard, dans le cadre d’un réseau de vente illégale de billets: le sport avait du mal à faire la Une mercredi aux JO de Rio.

Au programme purement sportif, il y a pourtant des rendez-vous de choix avec les « Experts » du hand en lice dans la matinée (10h00, 15h00 françaises) pour leur quart de finale contre le Brésil, Mekhissi en fin de matinée (11h50 locales, 16h50 françaises) face à l’armada kényane sur 3000 m steeple, et enfin Parker et les basketteurs contre l’Espagne, à 14h30 (19h30 françaises).

Mais le coup de tonnerre est venu de la police brésilienne qui a annoncé l’arrestation à son hôtel de l’Irlandais Patrick Hickey, au petit matin, dans le cadre d’une enquête sur un réseau de vente illégale de billets pour les Jeux de Rio.

Ce coup de filet fait suite à d’autres arrestations et plusieurs mandats d’arrêt ont été lancés visant d’autres personnes.

Cette information a encore un peu plus écorné un idéal olympique bien abîmé mardi soir par les sifflets du public brésilien visant Renaud Lavillenie, le recordman du monde de la perche, alors que celui-ci recevait sa médaille d’argent.

Cette image restera probablement comme une des plus fortes de ces JO de Rio: Lavillenie qui craque et pleure sur le podium, puis part se réfugier sous une tribune pour fondre en larmes.

– Mekhissi, enfin en or ? –

L’affaire a choqué. Serguei Bubka, l’ex-tsar de la perche, et le médaillé d’or brésilien de la discipline Thiago Braz ont même tenté de consoler le « Clermontois volant ». « Merci Sergueï et Thiago de m’avoir montré le beau et vrai côté de notre fabuleux sport », a d’ailleurs remercié plus tard le perchiste français sur sa page Facebook.

Sebastian Coe, le patron de l’athlétisme mondial et Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO) ont également témoigné leur soutien au Français. Tout comme la légende du marathon Paula Radcliffe qui a twitté en français: « Sois fier et garde (ta) dignité. Tu auras toujours le respect que cette foule ici (n’aura) jamais ».

Lavillenie a sans doute payé ses déclarations maladroites de lundi soir, quand il avait comparé les sifflets le visant, lors de ses derniers essais face à Braz, à ceux qui avaient atteint le sprinter noir américain Jesse Owens aux JO 1936 de l’Allemagne nazie.

Mais, en filigrane, il a promis sa revanche, aux JO de Tokyo 2020 pourquoi pas: « Je ne sais pas dans quatre ans où j’en serai, mais je me dis que je ne peux pas rester là dessus ».

Comme Lavillenie, l’équipe de France a encore raté l’or mardi, avec cinq nouveaux podiums. Mais elle s’est offert deux jolies cerises sur un gâteau déjà bien servi, avec les qualifications au bout du suspense des Bleues du hand et du basket, respectivement contre l’Espagne vice-championne d’Europe en titre (27-26 a.p.) et contre les Canadiennes (68-63).

Et la chance pourrait tourner mercredi, peut-être pour Mahiedine Mekhissi. Double vice-champion olympique du 3000 m steeple, il s’apprête à disputer la course de sa vie, à la quête du Graal olympique, face à ses éternels rivaux kényans. Une troisième médaille olympique en trois Jeux serait un exploit qu’aucun athlète français n’a encore réalisé.

Revanche encore, au coeur des deux quarts de finale du jour, réservés aux messieurs cette fois: les « Experts » du hand et la bande à Parker.

Les premiers, doubles champions olympiques en titre, affrontent le Brésil, le pays-hôte, dans une ambiance bouillante à n’en pas douter.

– Parker, stop ou encore ? –

Pour Parker, Batum and co., ce sera l’Espagne. Pour la sixième fois en six ans. Cette rencontre marquera la fin de la carrière internationale d’une légende du basket. Tony Parker si les Bleus perdent, Pau Gasol si c’est la « Roja ».

« On les déteste parce qu’ils sont forts, et ils nous détestent parce qu’on est forts », résume bien Nicolas Batum.

Bref, du suspense au programme mercredi. Sauf pour Bolt. 72 heures après son troisième titre olympique d’affilée sur 100 m, le Jamaïcain sera en demi-finale du 200 m, la seconde manche de ce triple-triplé annoncé: trois victoires sur trois JO consécutifs sur 100, 200 et au relais 4×100 m. Et sauf chute ou météorite, on voit mal qui pourrait empêcher « l’éclair » de se qualifier pour la finale de jeudi.

Hasard de la programmation, Bolt, présenté comme le « sauveur » de l’athlétisme gangréné par les affaires et le dopage, va côtoyer la sauteuse en longueur Darya Klishina.

Elle est la seule athlète russe rescapée de la tornade déclenchée par les révélations de l’Agence mondiale antidopage (AMA) sur le dopage d’Etat dans son pays.

Mais pour elle, une médaille paraît difficile. C’est en tout cas ce que doivent souhaiter les institutions sportives mondiales.

L'Irlandais Patrick Hickey, chef des Comités olympiques européens (EOC), lors d'une conférence de presse aux jeux Européens de Bakou, le 24 juin 2015. © AFP

© AFP/Archives JACK GUEZ
L’Irlandais Patrick Hickey, chef des Comités olympiques européens (EOC), lors d’une conférence de presse aux jeux Européens de Bakou, le 24 juin 2015

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