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JO-2016/CIO: l'épineux dossier russe au menu du gouvernement olympique

Rio de Janeiro (AFP) – Combien de sportifs russes participeront aux JO (5-21 août) ? A six jours de l’ouverture des Jeux, la question devrait largement dominer l’agenda de la Commission exécutive, le gouvernement du CIO, réuni samedi et dimanche à Rio.

Alors que la délégation russe devait initialement compter 387 sportifs, elle s’est depuis réduite à 270 membres en raison du scandale de dopage. 

Dernier épisode de cette série de sanctions, la mise sur la touche de la totalité des huit haltérophiles russes annoncée vendredi par la Fédération internationale (IWF). Elle fait notamment suite à l’exclusion initiale de la quasi-intégralité des athlètes et des rameurs (aviron), dopés ou présumés dopés.

Selon le dernier recensement de l’AFP, 117 sportifs russes sont d’ores et déjà identifiés comme officiellement exclus des Jeux de Rio. Soit près d’un tiers de la délégation initialement envisagée. 

Ce chiffre peut-il encore s’alourdir ? Il reviendra au CIO d’en décider. Critiqué pour sa décision de laisser le soin aux fédérations internationales d’écarter les sportifs russes ne répondant pas aux critères, le président du Comité international olympique Thomas Bach aura toutefois le dernier mot. 

– Le CIO tranchera –

Si les fédérations internationales ont transmis au CIO une liste de sportifs russes autorisés à participer aux jeux de Rio, c’est bien le CIO, après l’avis d’un expert mandaté par le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui tranchera. 

« La décision finale, c’est le CIO qui la prendra », a expliqué à l’AFP une porte-parole. 

En attendant, le flou persiste sur le nombre de sportifs russes qui seront autorisés à concourir. Ces derniers arrivent par petits groupes à Rio mais tous ne sont pas certains de pouvoir s’aligner. 

Si certaines fédérations ont appliqué les critères fixés par le CIO à la lettre, comme l’haltérophilie, l’athlétisme (67 sur 68 exclus par l’IAAF) ou l’aviron (22 sur 28 virés par la Fina), d’autres ont été moins coopératives. 

Enfin, d’autres sports où la Russie est particulièrement performante, comme la gymnastique et la boxe, n’ont toujours pas répondu.

La décision de la Fédération internationale de boxe pourrait être annoncée samedi. 

Les sportifs écartés ont la possibilité de saisir le TAS pour contester leur exclusion, mais aucun ne l’avait fait vendredi, a-t-on appris auprès du tribunal.

Un appel d’un sportif russe, dont le nom n’a pas été communiqué, a bien été déposé mais très vite retiré, a appris l’AFP de sources concordantes. 

Le dossier russe, éminemment sensible et politique, va donc dominer la réunion de la commission exécutive. Le président de l’Agence mondiale antidopage (AMA), Craig Reedie, également vice-président du CIO, dressera samedi un rapport devant ses 14 autres collègues. 

L’AMA a annoncé qu’elle annulait sa conférence de presse prévue le 4 août, à la veille de la cérémonie d’ouverture, nouvelle preuve que le sujet est brûlant.

– Fin de l’union sacrée –

Dimanche après-midi, le président du Comité d’organisation des JO de Rio, Carlos Nuzman, viendra dresser devant le gouvernement du CIO un ultime état des lieux de la préparation des Jeux. Elle s’est heurtée à de nombreux obstacles: incertitudes économiques et politiques qui ébranlent le Brésil, menaces du virus Zika, problèmes d’organisation et de conception du village olympique…

Le maire de Rio Eduardo Paes a d’ailleurs brisé l’union sacrée en accusant dans la presse le comité d’organisation de « problème gravissime de gestion » du village olympique, que les Australiens ont été contraints d’évacuer brièvement vendredi en raison d’un petit incendie, rapidement maîtrisé.

Autre préoccupation à moins d’une semaine des JO: les craintes d’attentats après les récentes attaques revendiquées au nom de l’organisation Etat islamique (EI) en France et en Allemagne.

Environ 85.000 policiers et militaires brésiliens ont été mobilisés pour protéger les personnalités, les 10.500 athlètes et quelque 500.000 visiteurs étrangers, soit le double des effectifs mobilisés pour les JO de Londres en 2012.

« En matière de sécurité nous sommes très tranquilles », a assuré le président brésilien par intérim Michel Temer, vendredi lors d’une conférence de presse.

La Commission exécutive du CIO sera suivie, à partir de mardi et jusqu’au 4 août, de sa 129e session, qui réunira la centaine de membres de l’institution. 

 Le président du CIO Thomas Bach lors de son arrivée au Village olympique à Rio de Janeiro, le 28 juillet 2016. © AFP

© POOL/AFP IVAN ALVARADO
Le président du CIO Thomas Bach lors de son arrivée au Village olympique à Rio de Janeiro, le 28 juillet 2016

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