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Jour J pour l’Euro, la contestation sociale se cristallise autour de secteurs clés

Paris (AFP) – Au jour J de l’Euro de foot, la fronde sociale contre la loi travail se cristallise dans des secteurs clés, laissant présager de grosses perturbations dans les transports, notamment dans la capitale, malmenée aussi par la grève des éboueurs.

La ministre du travail Myriam El Khomri a déclaré à l’AFP être « prête à recevoir le leader de la CGT Philippe Martinez dans la minute si cela peut permettre de lever tous les blocages dans le pays », sans attendre un rendez-vous « convenu » avec lui le 17 juin.

SNCF

Malgré un accord, mardi, consacrant le régime de travail actuel à la SNCF, la grève lancée par la CGT-Cheminots, SUD-Rail et FO (non représentatif) pour défendre les conditions de travail des cheminots et demander le retrait du projet de loi travail, a été reconduite vendredi pour une dixième journée par une grande majorité d’assemblées générales.

Elle était encore suivie vendredi par 7,1% des grévistes, toutes catégories confondues, les plus mobilisés restant les conducteurs et les contrôleurs.

Alors que des milliers de supporters sont attendus vendredi soir au stade de France pour le match France-Roumanie, des perturbations sont annoncées sur les RER B et D, qui le desservent. La SNCF a prévu d’assurer des navettes fréquentes entre Paris et le stade. « S’il faut utiliser les réquisitions (de conducteurs de trains, ndlr) demain, nous le ferons », a prévenu le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies en écartant toute nouvelle négociation avec les cheminots.

Seuls 1 Transilien et RER sur 2 sont en moyenne prévus (normal sur RER A), idem sur Intercités. Par ailleurs, quatre TGV sur 5 et 7 TER sur 10 sont annoncés.

AIR FRANCE

Loin de la fronde contre la loi travail, les pilotes d’Air France sont eux aussi appelés à déserter leurs cockpits au moment de l’Euro, de samedi à mardi pour défendre l’emploi et leurs conditions de rémunérations. La compagnie, qui recense 25% de grévistes, prévoit d’assurer plus de 80% de ses vols samedi. Elle estime le coût de la grève entre 5 et 6 millions d’euros par jour.

DECHETS

Eboueurs, agents territoriaux, chauffeurs de camions-bennes en grève perturbent depuis plus de dix jours les principaux sites de la région parisienne dont le plus important, Ivry-sur-Seine/Paris 13, qui traite d’habitude 1.800 tonnes d’ordures ménagères par jour.

Les personnels et agents de la Ville de Paris qui bloquent cette usine d’incinération ont décidé de reconduire leur grève jusqu’à mardi, journée de manifestation nationale contre la loi El Khomri.

Des blocages temporaires continuent dans trois autre sites parisiens, où les piquets de grève ont été délogés par les forces de l’ordre à plusieurs reprises.

La collecte des poubelles est très perturbée à Paris où les ordures s’amoncellent dans une dizaine d’arrondissements, en raison de la grève massive des chauffeurs des principaux garages de camions-bennes de la Ville de Paris. La maire (PS) de Paris Anne Hidalgo a assuré que « toutes les ordures ser(aie)nt ramassées » dans la capitale.

Des blocages touchent aussi Marseille (Fos-sur-Mer) et les Bouches-du-Rhône, l’Ariège, les Hautes-Pyrénées, le Tarn-et-Garonne.

TERMINAUX PETROLIERS DU HAVRE (CIM)

Pilier de la contestation, le personnel a reconduit mercredi sa grève pour 48 heures et perturbe depuis 18 jours l’approvisionnement des raffineries et des aéroports parisiens. Depuis le 27 mai toutefois, un service minimum, sur injonction du Premier ministre, est assuré par 17 cadres qui travaillent et dorment sur place. Ils assurent le pompage pour alimenter en brut la raffinerie ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon, et en kérosène et gazole les aéroports.

La CIM alimente en brut les deux premières raffineries de France: celles de Total à Gonfreville-L’Orcher et d’ExxonMobil à Port-Jérôme (région havraise), ainsi que celle de Total à Grandpuits (Seine-et-Marne). 40% du brut importé par la France passe par ses terminaux.

INITIATIVES LOCALES

Les opposants multiplient les blocages temporaires de routes, ports, écluses, perturbent la distribution du courant, ont bloqué vendredi le dépôt de carburants de Lespinasse, près de Toulouse, installé des barrages filtrants dans le Pas-de-Calais, bloqué des voies et procédé à une opération escargot dans l’Aisne…

Dans l’énergie, des débrayages dans plusieurs centrales ont généré une légère baisse de la production jeudi, et la CGT, qui a appelé ses militants à amplifier le mouvement, revendique avoir basculé plusieurs centaines de milliers de compteurs en heures creuses.

Manifestation contre la loi travail à Marseille le 2 juin 2016. © AFP

© AFP/Archives Anne-Christine POUJOULAT
Manifestation contre la loi travail à Marseille le 2 juin 2016

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